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Certains animaux sauvages sont-ils en danger à cause de l’absence des touristes ?

Habitués à être nourris par les humains, certaines espèces doivent désormais se débrouiller seules

Le coronavirus fait de nombreuses victimes humaines, mais aussi du côté des animaux. Avec le confinement, la nature reprend ses droits : on a ainsi pu voir des cygnes sur les canaux de Venise, ou encore des canards se baignant dans la fontaine de Trevi. Mais certaines espèces subissent un retour de bâton.

Les cerfs sika envahissent les rues japonaises

Au Japon, comme le révèle le New York Times, les touristes avaient l’habitude de se rendre au parc de Nara afin de nourrir les quelque 1 000 cerfs sika vivant en liberté. Pour seulement 1,85 $, les visiteurs peuvent en effet acheter une pile de craquelins de riz pour nourrir les cerfs, dont certains ont été formés pour s’incliner sur commande. Or, qui dit confinement dit absence de touristes, et donc absence de nourriture. Par conséquent, si ces animaux s’aventurent habituellement très peu hors du parc, ils sont aujourd’hui observés par troupeaux d’une dizaine d’individus en train d’errer en ville à la recherche de nourriture. Cela les met en danger puisqu’ils risquent non seulement d’avaler des sacs en plastique, mais aussi de se faire percuter par une voiture.

Les habitants seraient tentés de les nourrir afin de les aider, mais « le mieux que l’on puisse faire pour ces animaux, c’est de les laisser tranquilles, affirme au journal Christopher Schell, chercheur en écologie urbaine à l’université de Washington. La plupart des animaux vivant dans les environnements urbains ont déjà des régimes alimentaires flexibles ; il y a donc de fortes chances pour qu’ils s’en sortent très bien. »

— BBbirdZ / Shutterstock.com

Les singes de Thaïlande deviennent agressifs

Le même problème se pose en Thaïlande. Habituellement nourris par les touristes, les macaques de Lopburi en manque de nourriture sont devenus encore plus agressifs. Une vidéo montre une centaine d’entre eux en train de se battre pour une simple banane. L’écologue Asmita Sengupta explique au New York Times que « la chute du nombre de touristes à cause du Covid-19 a certainement provoqué une pénurie alimentaire pour eux. Une fois qu’ils prennent l’habitude d’être nourris par les humains, ils n’en ont plus peur et manifestent même une hyper-agressivité si l’on cesse de les nourrir. »

https://www.facebook.com/1733840675/videos/10206801064741888/

En Europe, pigeons, rats, écureuils ou corneilles, qui se nourrissent des restes alimentaires humains, pourraient être également affectés.

Les réserves africaines en manque de subventions

Les réserves animalières en Afrique subissent les effets du coronavirus. En effet, l’économie des pays comme l’Afrique du Sud, qui est notamment célèbre pour son parc Kruger, dépend grandement du tourisme. Dans ce pays, le secteur touristique représente 10 % du produit intérieur brut, soit plusieurs milliards de dollars. Les vacanciers dépensent beaucoup d’argent dans les réserves, qui sert en partie à la conservation d’espèces menacées, comme les éléphants et les rhinocéros, deux animaux chassés et menacés par les braconniers.

Françoise Malby-Anthony, responsable du sanctuaire sud-africain Thula Thula, exprime à la Fondation 30 Millions d’Amis ses inquiétudes à propos des conséquences de cette crise sanitaire à court et moyen terme : « Cette pandémie a bien sûr des répercussions majeures [sur nous]. En pleine guerre [pour la protection] de la vie sauvage, nous dépendons des revenus du tourisme en plus des dons et des financements pour continuer à régler les factures de sécurité contre les braconniers, de soins vétérinaires, de maintenance et d’autres dépenses. »

Autre effet dommageable, les programmes de conservation sont au point mort, s’inquiète Allain Bougrain-Dubourg auprès de Reporterre : « On devait relâcher dans le sud de la France des jeunes gypaètes qui se sont reproduits en Espagne et on devait confier aux Espagnols des poussins d’aigles de Bonelli nés en Vendée, explique-t-il. Sans ces échanges, ces programmes tombent à l’eau, alors qu’on est dans l’urgence. »

Par Maurine Briantais, le

Source: Geo

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