Les anguilles risquent l’extinction à cause de la cocaïne dans les cours d’eau

La pollution des eaux est l’une des préoccupations majeures de notre époque. Que cela soit le plastique, les huiles lourdes ou autres substances chimiques rejetées dans les rivières et les océans, tout cela menace la faune et la flore marine. Parmi les espèces menacées, se sont récemment ajoutées les anguilles européennes. Selon de récentes études, cet animal est menacé d’extinction à cause des traces de cocaïne dans les eaux européennes.

Une étude déterminante pour la sauvegarde des anguilles

Ce sont les biologistes de l’Université de Naples, en Italie, qui ont mené l’étude qui appuie cet état de faits. A cet effet, ils ont expérimenté 150 anguilles pendant 50 jours. Les anguilles ont été séparées en deux groupes. L’un des groupes testés a été exposé à la concentration moyenne de cocaïne détectée dans les eaux de surface, et les autres à de l’eau saine. Les scientifiques ont pu constater que les anguilles exposées à la cocaïne sont devenues hyperactives. Elles ont également souffert de dommages musculaires.

Après dissection de certaines des anguilles testées, d’autres effets néfastes de la cocaïne ont été observés, notamment sur leurs cerveaux, leurs branchies et leurs peaux. Selon ces dernières recherches, si la cocaïne ne tue pas les anguilles, elle freine considérablement leur reproduction. Les résultats complets de la recherche ont été publiés dans Science of the Total Environment.

Les chercheurs ont également noté que la drogue augmentait le taux de cortisol, il s’agit d’une hormone de stress qui amenuise la graisse de l’animal. Afin de migrer et se reproduire, les anguilles accumulent de la graisse. La cocaïne détruit ainsi tout le cycle de vie du poisson.

D’où vient la cocaïne dans l’eau ?

Les drogues pénètrent dans les cours d’eau par l’intermédiaire des urines et des fèces rejetées par les chasses d’eau des toilettes. Les installations actuelles de filtration et de traitement de l’eau ne permettent malheureusement pas d’éliminer complètement les traces de produits chimiques.

Un certain nombre d’études ont mis en évidence la présence de cocaïne dans les eaux européennes. Par exemple, une étude menée en 2009 a mis en évidence la présence de la drogue dans les rivières et les stations d’épuration belges à des concentrations allant jusqu’à 753 nanogrammes par litre.

À noter qu’en plus de la cocaïne, les anguilles européennes sont menacées par de nombreux autres facteurs tels que les parasites, la surpêche, les barrages et bien sûr, la pollution.


C’est impossible, dit la fierté. C’est risqué, dit l’expérience. C’est sans issue, dit la raison. Essayons, murmure le cœur.

— William Arthur Ward