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— mushtaq saad / Shutterstock.com

Grâce à la télédétection par drone, des chercheurs américains ont récemment pu obtenir un aperçu sans précédent de la structure complexe de l’antique cité de Lagash, décrite comme « la Venise du croissant fertile ».

L’antique colonie mésopotamienne de Lagash

S’étendant sur les terres fertiles séparant l’Euphrate du Tigre, la Mésopotamie est considérée par les historiens comme le berceau des civilisations, où de nombreuses inventions clés ont vu le jour et des structures sociales créées. Bien que nous disposions de solides connaissances concernant cette région historique du Moyen-Orient, les scientifiques continuent de trouver des vestiges plurimillénaires, lors de fouilles ou de survols impliquant la télédétection.

À l’aide de drones, une équipe de l’université de Pennsylvanie a examiné la colonie mésopotamienne de Lagash, composée de quatre îles marécageuses reliées entre elles par un réseau complexe de canaux. Aujourd’hui connue sous le nom de Tell al-Hiba, cette ancienne cité-État située dans le sud de l’Irak avait été initialement découverte il y a une quarantaine d’années. Selon les scientifiques, elle aurait été fondée entre le quatrième et le cinquième millénaire avant J.-C. et abandonnée il y a 3 600 ans environ.

Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Anthropological Archaeology, la structure particulière de cette « Venise mésopotamienne » appuie l’idée que les cités du sud de la Mésopotamie ne se résumaient pas seulement à des étendues de structures administratives, résidentielles et de temples jouxtant des terres agricoles irriguées, entourées d’un unique mur d’enceinte.

« Chaque secteur de la ville était dédié à une activité précise, comme la pêche ou la collecte de roseaux pour la construction », explique l’archéologue Emily Hammer. « Deux des îles étaient probablement entourées de murs et ont pu être colonisées en premier. Des études de terrain ont montré que leurs habitants s’adonnaient également à la culture de plantes et à la poterie. Il est probable que les habitants de Lagash utilisaient de petites embarcations pour se déplacer entre les îles. »

Une cité florissante

L’importante concentration d’habitations et d’autres bâtiments dans une grande partie de Lagash indique que des dizaines de milliers de personnes y vivaient à son apogée. Les objets jusqu’à présent mis au jour suggèrent que les nouveaux arrivants comprenaient des personnes venant de villages proches ou éloignés, des bergers et des esclaves amenés des cités-États voisines.

« Lagash et d’autres villes du sud de la Mésopotamie ont probablement utilisé le transport par voie d’eau pour commercer avec les établissements voisins, ce qui leur a permis de croître de façon assez spectaculaire », estime Hammer. « À l’instar de la Venise moderne, celle-ci s’est développée sans centre géographique ou rituel, permettant à chaque secteur de la ville de se spécialiser. »

Les premières civilisations mésopotamiennes ont commencé à se former à l’époque de la révolution néolithique, vers 12 000 avant J.-C. Les Sumériens et les Akkadiens, qui peuplaient ce qui constitue aujourd’hui l’Irak, ont dominé la région jusqu’à la chute de Babylone en 539 avant J.-C. Ces terres historiques ont ensuite été conquises par l’empire achéménide. Selon l’équipe, des études comme celle-ci, réalisées avec des technologies modernes, nous aideront à mieux comprendre cette période charnière de l’histoire.

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