Les rêves ont-ils vraiment un lien avec notre vie quotidienne ? Une nouvelle recherche mobilisant 24 000 rêves et une nouvelle méthode de travail apportent une nouvelle preuve à cette théorie.

Le mystère de l’origine et du fonctionnement des rêves

D’où viennent les rêves et quelle est leur signification ? Si cette question se pose depuis des millénaires, nous avons tendance aujourd’hui à faire des connexions entre nos expériences de la vie quotidienne et le contenu des rêves. Et des études tendent de plus en plus à prouver le bien-fondé de cette théorie. 

« La recherche a fourni à maintes reprises un soutien solide à ce que les scientifiques du sommeil appellent ‘l’hypothèse de continuité des rêves’ : la plupart des rêves sont une continuation de ce qui se passe dans la vie quotidienne », c’est ce qu’expliquent dans une nouvelle étude publiée dans The Royal Society les chercheurs Lura Maria Aiello et Daniele Quercia dirigés par l’informaticien Alessandro Fogli de l’université de Roma Tre en Italie.

En fait, la vie quotidienne a un impact sur le rêve. Par exemple, l’anxiété mène à des rêves avec des effets négatifs. Mais l’inverse est aussi vrai : le rêve peut par exemple avoir un impact sur nos compétences en résolution de problèmes.

Le système Hall et Van de Castle

Les théories psychologiques remontant aux recherches de Sigmund Freud et ses confrères au 20e siècle ont déjà évoqué le fait que la signification des rêves pouvait être induite par un examen du contexte des expériences réelles de la personne. Actuellement, les thérapeutes aident les patients à interpréter leurs rêves, grâce aux rapports de rêves, à la recherche d’indices, de symboles et de structures qui pourraient correspondre à d’autres parties de leur vie.

Le système Hall et Van de Castle est le système le plus connu pour interpréter les rapports de rêves. Il va codifier le rêve, en personnages qui apparaissent, les interactions entre eux, les effets de ces interactions sur les personnages, etc. Point négatif de ce système : c’est un processus lent et fastidieux qui exige un travail manuel. Les scientifiques du sommeil cherchent donc une manière algorithmique qui permettrait d’automatiser cette tâche.

Une énorme base de données

C’est justement ce qu’ont trouvé le chercheur Fogli et son équipe. C’est une méthode qui permet de suivre les rêves des gens à une grande échelle. Ils ont ainsi analysé 24 000 rêves, à partir d’une énorme base de données publique de rapports de rêves, nommée DreamBank.

« Nous avons conçu un outil qui évalue automatiquement les rapports de rêves en opérationnalisant l’échelle d’analyse des rêves largement utilisée par Hall et Van de Castle », expliquent les chercheurs.

« Nous avons validé l’efficacité de l’outil sur les rapports de rêves écrits à la main… et testé ce que les scientifiques du sommeil appellent l »hypothèse de continuité’ à cette échelle sans précédent. » L’outil de traitement de cette équipe simplifie grandement la méthode Hall et Van de Castle, en analysant le texte des rapports de rêves et en se concentrant sur les personnages, les interactions sociales et les mots d’émotion. 

« Ces trois dimensions sont considérées comme les plus importantes pour aider à l’interprétation des rêves, car elles définissent l’épine dorsale d’une intrigue de rêve : qui était présent, quelles actions ont été réalisées et quelles émotions ont été exprimées », explique l’équipe.

Un lien fondé entre rêve et expérience vécue ?

Lorsqu’ils comparent les résultats de leur outil avec les notes manuscrites des rapports de rêves rédigées par les experts du rêve, les résultats correspondaient aux trois quarts du temps. Même si ce n’est pas un score parfait, c’est une voie prometteuse pour développer des technologies similaires afin de percer les mystères de la recherche du rêve

Grâce aux données probantes, les chercheurs ont trouvé une vérification qui appuie l’hypothèse de la continuité, à savoir que les rêves sont une continuation de ce qui est vécu dans la vie quotidienne. Toujours selon les chercheurs, les rêves contenaient divers “marqueurs statistiques”, qui reflètent ce que les rêveurs ont probablement vécu dans la vie réelle. 

Cette étude facilitera ainsi la quantification des aspects importants des rêves, et pourrait « construire des technologies qui comblent le fossé actuel entre la vie réelle et le rêve ».

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