L’ambassadeur des États-Unis, à Berlin, a averti l’Allemagne que si elle autorisait la marque Huawei à construire des infrastructures 5G, le gouvernement américain ne partagerait plus de renseignements confidentiels. La guerre est officiellement déclarée entre le géant chinois de la technologie et Washington.

Quel est la nature du chantage américain ?

Dans une lettre que le Wall Street Journal a pu lire, Richard Grell, l’ambassadeur américain en Allemagne, a adressé des menaces sérieuses au gouvernement allemand. Grell explique clairement que l’Allemagne va devoir choisir entre son futur réseau mobile 5G structuré par Huawei et les informations secrètes des agences de renseignements américaines.

Ce véritable chantage pose beaucoup de problème Outre-Rhin. Le pays dispose d’un conséquent retard sur la 5G et a la volonté de se développer rapidement grâce à Huawei. Mais, les Allemands ont également besoin des renseignements américains, notamment pour prévenir et lutter contre le terrorisme.

La lettre de Richard Grell est le premier avertissement qui explicite les conséquences de la collaboration avec la technologie 5G de Huawei. En usant du chantage, le gouvernement américain abat ici une nouvelle carte.

Pourquoi Washington ne veut pas de Huawei ?

Depuis plusieurs années, les États-Unis et la marque chinoise se disputent sur de nombreux sujets liés aux vols et fraudes informatiques. Le gouvernement américain soupçonne Huawei de collaborer avec le gouvernement chinois, qui aurait la possibilité de surveiller les communications. Un rapport de CNBC avait d’ailleurs révélé à ce sujet que, conformément à la loi chinoise, si l’État chinois le demandait, Huawei serait obligée de l’aider à surveiller.

C’est pourquoi, depuis plusieurs mois, les États-Unis avertissent leurs alliées. Les antennes mobiles de Huawei présenteraient un risque élevé d’espionnage. De son côté, la marque chinoise nie fermement ces accusations. Elle a également poursuivi le gouvernement américain, affirmant qu’il n’y a aucune preuve de ce présumé espionnage.

La Nouvelle-Zélande et l’Australie ont suivi le pas américain et ont ainsi empêché Huawei d’installer des infrastructures 5G sur leur sol. À l’inverse, le Royaume-Uni et la France ne semble pas s’inquiéter du risque potentiel, et ne veulent pas faire de distinction de nationalité entre les fournisseurs. Enfin, après les menaces de l’ambassadeur, les représentants allemands ont expliqué qu’il n’y avait à ce jour aucune preuve réelle, et que donc Huawei devrait bien participer à l’installation du réseau 5G en Allemagne.

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