Avec l’augmentation de la population mondiale, induisant une demande croissante en matière de produits agricoles, il est aujourd’hui urgent d’élaborer une stratégie afin de préserver les écosystèmes et habitats naturels. Et il s’avère que l’agriculture à haut rendement pourrait constituer un moyen d’y parvenir.

Une surface diminuée de moitié pour un rendement équivalent

Récemment présentée dans la revue Nature Sustainability, cette étude de l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués (IIASA) estime que l’agriculture à haut rendement ne nécessiterait que la moitié des terres actuellement cultivées pour offrir une production équivalente. Privilégier cette approche pourrait par extension permettre de restaurer et de préserver les habitats naturels de nombreuses espèces menacées, constituant l’un des principaux volets du projet Half Earth, qui vise à rendre la moitié des terres exploitées et des océans à la nature.

« La principale question était de savoir combien de terres cultivables pourraient être épargnées en optimisant les rendements agricoles à l’échelle mondiale, notamment avec des cultures installées là où elles sont les plus productives », explique Christian Folberth, auteur principal de l’étude.

« Nous souhaitions en outre déterminer quelles seraient les implications pour d’autres facteurs liés au secteur agricole, notamment les besoins en engrais et en eau d’irrigation, les émissions de gaz à effet de serre, le potentiel de séquestration du carbone et les habitats fauniques disponibles pour les espèces menacées. »

Selon ces nouvelles recherches, l’agriculture à haut rendement se révèlerait globalement moins préjudiciable à l’environnement. Toutefois, les chercheurs précisent que des études complémentaires évaluant les effets locaux potentiellement négatifs de cette approche, tels que la pollution par les nutriments ou la perte de revenus dans les zones rurales, devront être menées.

Des bénéfices nombreux

Les auteurs de l’étude ont conclu que l’utilisation actuelle des terres s’avérait globalement peu efficace à l’échelle mondiale, et que le manque de productivité en découlant était fortement lié à des problèmes de gestion. Comme évoqué plus haut, un apport élevé en éléments nutritifs ainsi qu’une réaffectation optimale des cultures sur les terres actuellement cultivées permettraient de réduire d’environ 50 % la surface nécessaire pour obtenir les mêmes rendements.

La réduction de la superficie des terres cultivées entraînerait par ailleurs une diminution des émissions de gaz à effet de serre et de la quantité d’eau nécessaire à l’irrigation, tandis que les besoins mondiaux en engrais resteraient inchangés. Enfin, les terres épargnées pourraient être utilisées pour restaurer les zones et les habitats naturels, et permettraient une séquestration substantielle du carbone, via la végétation.

« Nos travaux montrent que l’expansion des terres cultivées pour faire face à la demande mondiale croissante en matière de produits agricoles n’est pas nécessaire, et qu’avec l’adoption de politiques adéquates et un contrôle strict pour éviter les dérives, nous serions en mesure d’optimiser largement leur utilisation ainsi que leur rendement », conclut Michael Obersteiner, chef de projet au sein de l’IIASA.

— Andrii Yalanskyi / Shutterstock.com

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chris07

Je suis persuadée que les terres libérées seraient ensuite vendues à des promoteurs et que le béton sera roi!