©️ L214

L’association de défense des animaux L214 vient de dévoiler une nouvelle vidéo choc et a porté plainte dans la foulée contre l’abattoir industriel de Rodez pour « sévices graves envers des animaux ». Elle a également déposé un recours en responsabilité contre l’État.

Roquefort et viande d’agneaux : souffrance garantie

Il faut savoir que la brebis ne produit du lait que pour nourrir son agneau. Sans agneau, pas de lait donc. C’est pourquoi 1 million d’agneaux naissent chaque année pour produire du roquefort. Par la suite, 3/4 de ces agneaux sont envoyés en élevage intensif, où ils seront engraissés puis abattus pour leur viande. Les autres prendront la relève de leur mère dans la production de lait.

L214 a tourné ces images dans l’élevage de l’Aveyron SARL Grimal, une des plus grosses exploitations de France, qui engraisse 120 000 agneaux par an. Les agneaux sont entassés dans des enclos sans accès à l’extérieur. Certains agonisent dans l’élevage et meurent avant d’atteindre 4 mois, âge auquel ils sont envoyés à l’abattoir. Les agneaux sont ensuite envoyés à l’abattoir d’Arcadie Sud-Ouest, près de Rodez, où « ils reçoivent des chocs électriques qui parfois ne les étourdissent pas. D’autres sont égorgés à vif. Les agneaux se voient mourir les uns les autres. Beaucoup sont suspendus encore conscients sur la chaîne d’abattage. »

Selon l’association, « un agneau est abattu toutes les dix secondes » dans cet établissement « où les pratiques d’abattage sont totalement défaillantes ». Sur la vidéo, nous pouvons notamment voir des agneaux égorgés à vif à une cadence rapide. Ils agonisent et se débattent tout en se vidant de leur sang.

Attention, ces images peuvent vraiment heurter la sensibilité de chacun.

Fermeture de l’abattoir 4 ans après des rapports alarmants

En 2016 déjà, les services vétérinaires avaient constaté des « non-conformités majeures » pour l’étourdissement et la mise à mort des ovins dans cet abattoir. Mais rien n’avait été fait.

En réponse à ces révélations, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume « ordonne la suspension immédiate de la chaîne ovine de l’abattoir de Rodez et diligente une inspection complète », a indiqué ce mercredi 24 juin un communiqué du ministère de l’Agriculture. « Une vidéo publiée ce jour met en cause les conditions de mise à mort des agneaux à l’abattoir de Rodez. Elle montre des pratiques inacceptables avec des manquements graves aux règles de protection animale. » Il conclut qu’« une inspection complète de l’abattoir est programmée ce jour par les services de l’État. Les conclusions de cette inspection devront permettre de déterminer quelles suites doivent être données. »

Pour Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214, « étant donné la gravité des infractions mises en évidence sur nos images, déjà signalées 4 ans auparavant, la décision du ministre de suspendre une chaîne d’abattage n’est qu’un strict minimum qui reste largement insuffisant. Le gouvernement ne cherche-t-il pas simplement à éteindre le feu médiatique ? » Pour l’association, le ministère refuse toujours de s’attaquer aux problèmes de fond des élevages intensifs, qui ont été maintes fois soulevés par les ONG. C’est pourquoi elle a introduit un recours en responsabilité contre l’État pour « manquement à sa mission de contrôle de l’application de la réglementation ».

©️ L214

Le gouvernement va « mettre le paquet » sur le bien-être animal

Face à ce problème, le ministre de l’Agriculture a déclaré ce vendredi sur franceinfo : « Continuons à manger de l’agneau, continuons à manger du roquefort ! » Didier Guillaume assure qu’il faut continuer à manger ces produits aveyronnais. « L’Aveyron, Rodez, c’est le pays du roquefort, le roquefort est un excellent produit qu’il faut continuer à manger. » 

Il a néanmoins félicité l’association pour son travail, tout en annonçant qu’il allait « mettre le paquet » contre des « situations inacceptables ». Il « regrette » de ne pas avoir pu « faire en interne » ce travail de détection des infractions.

Face à ces déclarations, L214 a demandé le démantèlement de la cellule Demeter. Pour Brigitte Gothière, « on ne peut pas à la fois applaudir le travail des lanceurs d’alerte et dans le même temps organiser leur répression. Devant les caméras, le ministre salue L214 et reconnaît l’utilité de son travail tandis qu’en coulisses le gouvernement cherche à faire taire les défenseurs des animaux avec la cellule Demeter. Il faut en finir avec les doubles discours ! »

« Le gouvernement doit désormais s’affranchir de l’influence des lobbies de l’élevage intensif et démanteler la cellule Demeter. Si le ministre tient réellement à “mettre le paquet” sur le bien-être animal, L214 se tient à sa disposition pour lui présenter des mesures consensuelles, pragmatiques et immédiates », conclut-elle.

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Martine Le MatFirstRICHARD Auteurs de commentaires récents
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RICHARD
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RICHARD

C’est un peu fort de Roquefort ! Des agneaux égorgés VIVANTS ! Il y a un concept qui vous échappe : avant d’être tué, on est vivant ! Alors égorgé conscient ok, mais vivant, ben ouais. Vous m’avez bien fait rire. Merci.

First
Invité
First

L’homme ou le loup,qui est le plus sauvage?