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Lorsqu’il s’agit de discerner les faits avérés des fake news sur le net, il semble que la majorité des ados éprouvent de sévères difficultés. Selon les chercheurs, cette nouvelle étude montre que les jeunes électeurs potentiels ne disposent pas des « outils » nécessaires pour juger de la fiabilité de l’information en ligne.

Une étude accablante

Plus de 96 % des élèves du secondaire interrogés par les chercheurs n’ont pas considéré que les liens avérés avec l’industrie des combustibles fossiles pouvaient affecter la crédibilité d’un site web sur les changements climatiques. Tandis que plus de la moitié d’entre eux ont estimé qu’une vidéo de faible qualité, visionnable sur Facebook et prétendant montrer du bourrage de bulletins de vote (qui avait en fait été tournée en Russie) lors de la primaire démocrate, représentait une « preuve solide » de fraude électorale aux États-Unis.

« Si ces résultats pouvaient être résumés en seul mot, je dirais qu’ils sont troublants », a déclaré Sam Wineburg, professeur à l’université de Stanford et auteur principal de l’étude. Suite à la diffusion généralisée de « fake news » durant la campagne et l’élection présidentielle de 2016 aux États-Unis, diverses initiatives avaient été prises afin de s’attaquer à ce problème, notamment des lois fédérales et d’État allouant davantage de ressources afin que les adolescents soient sensibilisés à ces dérives et disposent des bons outils pour les détecter.

Mais cette nouvelle étude, à laquelle ont participé 3 446 élèves du secondaire (issus d’établissements publics répartis dans 14 États différents, censés offrir une représentation crédible des adolescents américains), suggère que les efforts entrepris ces dernières années sont encore bien insuffisants.

« Les adolescents constituent des cibles faciles »

« L’élection présidentielle de 2020 approche. De nombreux élèves du secondaire seront amenés à voter pour la première fois, et nos travaux montrent qu’ils ne sont pas en mesure d’évaluer la fiabilité des informations auxquelles ils sont exposés sur la toile », ont estimé les auteurs de l’étude. « En considérant d’emblée les informations et les vidéos que nous leur avons présentées comme fiables, sans effectuer de recherches complémentaires pour vérifier les sources, les adolescents constituent des cibles faciles pour les personnes mal-intentionnées, désireuses d’influencer leur vote. »

Les chercheurs estiment que les approches actuelles ayant trait au traitement de l’information au format numérique sont inadéquates, et ciblent plus particulièrement la méthode impliquant que les élèves tiennent compte de certains critères lorsqu’ils consultent un type de site web en particulier. Ils préconisent une approche plus globale afin d’établir la fiabilité d’un contenu, ainsi que davantage de moyens alloués aux matériels pédagogiques (plus rigoureusement évalués), pouvant être diffusés gratuitement et à grande échelle.

« Les systèmes éducatifs évoluent lentement, mais pas la technologie. Nous devons agir d’urgence pour que nos élèves disposent des outils nécessaires pour s’engager dans la vie civique », conclut Joel Breakstone, co-auteur de l’étude et directeur du Stanford History Education Group.

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Et ça vote à 18 ans…