Phineas Gage
Gage tenant la barre de fer lui ayant perforé le crâne

Si personne ne s’attendait à ce que Phineas Gage survive à sa terrible blessure, l’observation de symptômes post-accident très inhabituels a constitué la base de l’une des procédures les plus controversées de l’histoire de la médecine.

Un regrettable accident

Le terrible incident s’est produit le 13 septembre 1848, alors que ce contremaître des chemins de fer américain bourrait de la poudre noire (qu’il avait malencontreusement oublié de recouvrir de sable) dans la faille d’un rocher. En heurtant la roche, la barre de fer, mesurant environ 1 mètre de long pour 3 centimètres de diamètre, a créé une étincelle à l’origine d’une explosion prématurée.

Violemment propulsé, le bourroir de 6 kilos lui a complètement perforé le crâne (entrant au niveau de la joue gauche et ressortant par son sommet) avant d’atterrir à plusieurs mètres de la « scène de crime », maculée de sang et de morceaux de cerveau.

Au cours de sa convalescence, les proches de Gage ont remarqué des changements marqués dans sa personnalité et son comportement, mettant en lumière une relation entre l’esprit humain et la structure cérébrale jusqu’alors peu soupçonnée. Ce dont ils étaient témoins était le résultat de lésions profondes au niveau de son lobe frontal gauche, ciblé des décennies plus tard par une procédure controversée connue sous le nom de lobotomie frontale.

Reconstitution du traumatisme

Selon les rapports de son médecin, cet homme auparavant considéré comme le contremaître le plus efficace et le plus compétent était devenu imprévisible, irrévérencieux et asocial, ce qui allait l’amener à changer régulièrement d’emploi au cours des années suivantes. « Enfant dans ses capacités intellectuelles et ses comportements, il a les passions animales d’un homme fort », écrivait le docteur Harlow. « Son esprit a changé de façon si spectaculaire que ses amis et connaissances ne le considèrent plus comme Gage. »

Procédures barbares

Au cours du XXe siècle, des dizaines de milliers de lobotomies étaient pratiquées dans le monde entier à l’aide de techniques barbares allant de l’injection d’alcool directement dans le cerveau à l’enfoncement d’un pic à glace dans l’orbite de l’œil.

Cette procédure barbare visait à couper les connexions avec le lobe frontal du cerveau, dans le but de traiter les symptômes des maladies mentales, ou simplement de rendre les patients plus faciles à gérer.

En 2017, une vaste étude avait révélé que 84 % des patients lobotomisés en France, Suisse et Belgique entre 1935 et 1985 étaient des femmes.

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