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À Sardes, une statue géante vieille de 2500 ans lève le voile sur le royaume oublié de Lydie

Sous une avenue romaine de Sardes, des archéologues ont exhumé une statue vieille de 2500 ans. Haute de plus de deux mètres, elle avait pourtant servi de simple pavé. Presque intacte, elle éclaire aujourd’hui l’histoire oubliée du royaume de Lydie.

Une statue masculine lydienne vieille de 2500 ans apparaît dans une tranchée de fouilles parmi les pavés antiques de Sardes.
Enfouie face contre terre et réutilisée comme simple pavé, cette statue monumentale découverte à Sardes révèle les traits d’un notable lydien sculpté il y a environ 2500 ans. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

À Sardes, une avenue romaine dissimulait une statue lydienne vieille de deux millénaires et demi

À Sardes, ancienne capitale de la Lydie, une avenue romaine cachait un secret vieux de 2500 ans. Des archéologues y ont mis au jour une statue monumentale, haute de plus de deux mètres. Ses bâtisseurs romains l’avaient pourtant brisée en deux morceaux, puis réutilisée comme pavé, face contre terre.

Sur place, des restaurateurs ont dégagé les abords de la sculpture avec précaution. Ainsi, ils en ont révélé la forme originale et les dimensions exactes. Nicholas Cahill, le directeur des fouilles, décrit avoir vu ce jour-là « des mondes entiers s’ouvrir devant soi ».

Face contre terre, la statue formait un simple pavé parmi d’autres. Personne n’imaginait alors la présence d’un visage humain sous la poussière. Peu à peu, les traits d’un homme sont apparus sous les mains des chercheurs.

Favoris, veines et drapé archaïque aident les archéologues à dater précisément la sculpture retrouvée

D’abord, les archéologues hésitaient sur l’époque et même sur le sexe du personnage. Ils ont ensuite repéré des favoris sous la terre accumulée près du visage. Susanne Ebbinghaus, conservatrice d’art antique, confirme alors qu’un homme se cache sous la terre.

Sa posture droite et ses longs cheveux rappellent les statues grecques archaïques. Pourtant, certains détails, comme des veines visibles, trahissent une réalisation plus tardive. Ils situent désormais l’œuvre entre 470 et 450 avant notre ère.

Le sculpteur mêle techniques récentes et vêtements grecs plus anciens dans cette œuvre inédite

Le personnage porte aussi un fin chiton aux plis horizontaux inhabituels. En effet, cette technique reste rare dans la sculpture antique connue à ce jour. Bahadir Yildirim, directeur adjoint des fouilles, note des caractéristiques inédites pour ce type d’œuvre.

Sardes fut jadis la capitale du royaume de Lydie, avant la conquête perse. Peu d’écrits lydiens ont survécu, laissant Grecs et Romains raconter leur histoire. Ces fouilles révèlent pourtant une civilisation raffinée et prospère, bien loin des clichés antiques.

Le sculpteur maîtrise les codes contemporains de l’art méditerranéen et anatolien. Il choisit pourtant des vêtements typiques d’un siècle plus ancien. Nicholas Cahill y voit clairement un artiste tourné vers le passé de son propre peuple.

Les chercheurs pensent que la statue représentait un notable lydien offert à la déesse Cybèle

Les archéologues pensent que la statue ornait autrefois un sanctuaire dédié à la déesse Cybèle. Cette déesse occupait une place centrale dans les croyances anatoliennes. Elle pourrait représenter un riche citoyen ou un dirigeant local.

À l’origine, la sculpture arborait sans doute des couleurs vives. Les chercheurs recherchent aujourd’hui les dernières traces de peinture conservées. Ensuite, ils prévoient de réunir tous les fragments pour une future exposition dans un musée turc.

Par Eric Rafidiarimanana, le

Source: geo.fr

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