Après un mois de septembre 2026 parmi les plus chauds jamais mesurés en France, les tendances saisonnières pointent vers une fin d’année douce. Pour les stations de ski, qui comptent sur la neige de culture pour ouvrir à Noël, la question devient pressante. Entre seuils physiques, investissements et altitude, voici ce que la douceur change réellement.

La Cour des comptes chiffrait en 2024 à 13,6 % la part des investissements des stations consacrée aux enneigeurs
En février 2024, la Cour des comptes a publié un rapport public thématique intitulé « Les stations de montagne face au changement climatique ». Selon ses calculs, les stations ont dépensé en moyenne 45 millions d’euros par an sur cinq ans pour leurs installations de production de neige. Cela représente 13,6 % de leurs investissements, sans compter l’entretien, l’énergie, l’eau et la main-d’œuvre.
Le rapport rappelle aussi que 39 % du domaine skiable français est désormais couvert par des enneigeurs, contre 19 % en 2007. Toutefois, la juridiction qualifie cet outil de protection « relative et transitoire », car son efficacité baisse à mesure que les températures montent. Par ailleurs, la profession a contesté la représentativité de l’échantillon étudié, composé surtout de petites et moyennes stations.
Avec 555 millions d’euros investis en 2025, les domaines skiables privilégient désormais les remontées mécaniques neuves
Le baromètre annuel réalisé avec Domaines skiables de France et Atout France chiffre l’effort de 2025 à 555 millions d’euros. Ce montant équivaut à environ 32 % du chiffre d’affaires hors taxes du secteur. Ensuite, la répartition révèle un net changement de priorités.
En effet, les remontées mécaniques neuves absorbent environ 281 millions d’euros, soit près de la moitié du total. Les dépenses liées à la neige produite marquent le pas, après plusieurs années de progression. Cependant, le parc d’enneigeurs déjà installé reste considérable, et sa rentabilité dépend toujours du thermomètre.
Septembre 2026 affiche +3,1 °C et un déficit de pluie proche de 70 %, selon le bilan de Météo-France
Le bilan publié par Météo-France le 2 octobre classe septembre 2026 au deuxième rang des plus chauds depuis 1900, avec une anomalie de +3,1 °C. Surtout, il s’agit du quatrième mois consécutif où l’écart à la normale dépasse 3 °C. De plus, seuls deux mois de septembre ont été moins arrosés depuis 1958.
Pour le trimestre octobre-décembre, les tendances saisonnières privilégieraient une fin d’année plus chaude que la normale sur l’Hexagone et la Corse. Un excédent de pluie serait également possible sur une partie du pays, hors Sud-Est. Néanmoins, ces prévisions restent probabilistes et ne décrivent ni la météo d’une semaine précise ni celle d’un massif donné.
Sous une température humide de -2 °C, les enneigeurs peuvent encore tourner en altitude et lors des nuits froides
Fabriquer de la neige exige de pulvériser de fines gouttelettes d’eau dans un air assez froid pour qu’elles gèlent avant de toucher le sol. D’après la Cour des comptes, la production démarre à partir d’une température humide de -2 °C, et devient optimale entre -5 et -8 °C. Or, cette valeur tient compte de l’humidité : par air sec, la production peut démarrer alors que le thermomètre affiche une valeur proche de zéro.
Dès lors, un trimestre globalement doux ne rend pas les canons inutiles. Les créneaux froids, souvent nocturnes, et les secteurs en altitude permettront encore de produire, quoique moins longtemps et à un coût plus élevé. En revanche, les stations de basse et moyenne altitude restent les plus exposées, ce qui relance le débat sur la diversification au-delà du ski.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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