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La Terre est de moins en moins poussiéreuse, et c’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle

Ses concentrations atmosphériques ont diminué d’environ 10 % au cours des dernières décennies

De nouvelles recherches révèlent des quantités plus faibles de poussière en suspension dans l’atmosphère terrestre, ce qui se révèle bénéfique pour nos poumons, mais affecte dans le même temps les écosystèmes et le climat.

Une baisse significative

Si les satellites constituent actuellement le meilleur outil dont nous disposons pour suivre l’évolution des niveaux de poussière atmosphérique à l’échelle du globe, la distinguer d’autres aérosols, tels que la pollution, n’est pas chose aisée. Pour ce faire, Ashok Gupta, de l’université de Californie, et ses collègues ont mené une analyse sans précédent.

Ces nouveaux travaux, publiés dans la revue Science Advances, ont impliqué des données satellitaires collectées entre 2003 et 2023. Recoupées avec celles de stations terrestres évaluant les niveaux d’aérosols atmosphériques, elles ont révélé une diminution moyenne d’environ 10 % des concentrations de poussière au cours des deux dernières décennies.

Bien que ces particules, provenant des sols de la planète et notamment des déserts, puissent être transportées jusqu’à la haute atmosphère, il s’avère que la majeure partie s’accumule à une altitude inférieure à 6 kilomètres.

Selon l’équipe, la baisse observée pourrait notamment s’expliquer par un affaiblissement des vents de surface, associé à une augmentation du couvert végétal, ou verdissement, particulièrement marqué en Asie de l’Est.

— Emre Akkoyun / Shutterstock.com

De vastes implications

Comme le rappelle Gupta, en réfléchissant une partie du rayonnement solaire vers l’espace, la poussière a un effet de refroidissement modéré sur le climat de la Terre. Elle influence également la couverture nuageuse et les précipitations, et transporte des nutriments essentiels, tels que le fer et le phosphore, qui fertilisent les océans et les forêts.

« Une diminution durable de ses niveaux a des répercussions sur tous ces éléments, mais constitue une bonne nouvelle en matière de santé publique, en particulier dans les régions exposées, du Sahel au Moyen-Orient, en passant par le nord de la Chine », détaille le chercheur.

Pour Tegan Clark, de l’université nationale australienne, la tendance observée serait probablement liée à de meilleures pratiques en matière de gestion des terres agricoles et au reboisement de certaines des zones les plus touchées par la désertification, ce qui réduit la fréquence des tempêtes de sable.

Plus tôt cette année, une étude avait révélé que la « Grande Muraille Verte » chinoise transformait le plus grand désert du pays en puits net de carbone.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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