Le 19 octobre au soir, la mission japonaise MMX doit quitter la Terre avec une forte contribution française. Elle vise Phobos, une lune encore jamais explorée au sol, pour le premier retour d’échantillons depuis le système martien. Surtout, ces fragments pourraient éclairer l’origine des lunes de Mars.

MMX doit décoller le 19 octobre côté français pour un voyage de cinq ans jusqu’à Phobos puis vers la Terre
La JAXA prévoit le lancement de MMX le 20 octobre 2026 à 04 h 41 min 03 s, heure japonaise. En France, cela correspond au 19 octobre à 21 h 41. La période de secours court ensuite jusqu’au 7 novembre.
Après le décollage depuis Tanegashima, MMX voyagera environ un an avant d’atteindre le système martien en 2027. La sonde suivra alors une quasi-orbite proche de Phobos. Ensuite, elle observera cette lune pendant plusieurs années et survolera aussi Deimos.
Le départ du système martien doit intervenir en 2030, après les observations et la collecte. Puis le module de retour prendra la direction de la Terre. La capsule doit atteindre l’Australie en juillet 2031, tandis que la France recevra une part des échantillons.
Sur Phobos, Idefix ouvrira la voie avant que MMX prélève au moins 10 grammes de matière sous la surface
En 2029, avant l’atterrissage principal, le rover franco-allemand Idefix doit rejoindre Phobos lors d’une répétition de descente. Les équipes visent un largage à environ 50 mètres du sol. Ensuite, ce robot de 25 kilogrammes doit fonctionner durant 100 jours sur cette surface très faiblement gravitationnelle.
Idefix examinera le terrain et aidera les équipes à préparer la descente de MMX. Puis, la sonde mère doit se poser sur deux sites et collecter au moins 10 grammes. Elle prélèvera notamment de la matière à environ deux centimètres sous la surface.
Trois modules et treize instruments doivent observer Mars, Phobos et Deimos avant le retour des échantillons
MMX repose sur trois grands modules conçus pour des étapes différentes du voyage. Le module de propulsion assurera le transfert vers Mars et les manœuvres orbitales. Ensuite, les modules d’exploration et de retour prendront en charge les observations, l’atterrissage puis le trajet vers la Terre.
La mission emporte treize instruments scientifiques lorsque le rover compte dans l’ensemble. Ils doivent cartographier Phobos, mesurer sa composition et étudier son environnement. Parmi eux, le spectromètre imageur français MIRS analysera la surface des lunes martiennes et contribuera au choix des sites d’atterrissage.
La participation française dépasse donc le seul rover Idefix. Le CNES et le DLR ont développé ce robot ensemble. En parallèle, le CNES contribue aux trajectoires, tandis que plusieurs laboratoires français participent à MIRS, dont le LIRA.
L’origine de Phobos et Deimos reste disputée, mais les échantillons pourraient enfin départager les scénarios
Asaph Hall a découvert Phobos et Deimos en 1877, mais les scientifiques débattent encore de leur origine. Phobos atteint presque 27 kilomètres dans sa plus grande dimension, contre environ 15 pour Deimos. Ainsi, deux scénarios dominent, la capture d’astéroïdes ou une formation après un impact géant sur Mars.
Les échantillons devraient fournir des mesures chimiques et isotopiques bien plus précises que les observations à distance. Ils pourraient aussi contenir des fragments de roche martienne projetés par d’anciens impacts. Ainsi, MMX pourrait tester les deux scénarios dominants, sans exclure un scénario plus complexe ou mixte.