
Des chercheurs américains ont mis au point une nouvelle approche basée sur la lumière et un type particulier de pigment pour créer des tatouages « activables ou désactivables » à la demande.
Tatouages photosensibles
Mise au point par Carson Bruns, de l’université du Colorado, et ses collègues, la nouvelle encre de tatouage se distingue essentiellement de celles utilisées depuis des millénaires par la présence de colorants photochromiques, qui, en fonction des longueurs d’onde auxquelles ils sont exposés, vont passer d’un état coloré à parfaitement translucide.
« En dehors de cela, le mode opératoire est strictement le même », détaillent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Matter & Light. « Des pigments sont implantés de façon permanente dans le derme à l’aide des mêmes techniques et machines. »
Concrètement, la lumière ultraviolette va révéler ces « PhotoTats », et une lumière visible intense les faire disparaître. « Le tatouage est permanent, mais pas sa visibilité », explique Bruns. « Le cycle peut être répété, mais si vous souhaitez ne plus jamais le voir, il suffit de ne plus l’activer. »
L’équipe a créé 16 teintes « de base », à partir desquelles il est possible d’obtenir 300 nuances différentes. Parmi les couleurs manquant à l’appel, on trouve le blanc, qui réfléchit la lumière au lieu de l’absorber, et un véritable bleu cyan.
A new type of ink could overcome one of the main downsides of tattoos: the inability to make them invisible https://t.co/otasVoqYWr https://t.co/rnWcT3Z57O
— New Scientist (@newscientist) October 13, 2026
Sécurité et implications
Selon les chercheurs, le polymère encapsulant les pigments photochromiques, utilisé depuis longtemps dans les implants biomédicaux permanents, est sûr. La toxicité de ces substances, probablement similaire à celle des colorants conventionnels, devra toutefois être précisée avant d’envisager une mise sur le marché.
Si l’encre bleue a tendance à virer au violet au fil des cycles d’activation et de désactivation, Bruns, qui porte un tatouage photosensible représentant des écailles de poisson, a expliqué n’avoir observé aucune décoloration notable après plus de deux ans. L’application de crème solaire permettrait d’éviter une activation involontaire lors d’une exposition prolongée au soleil.
La nouvelle encre pourrait également trouver des applications dans le domaine médical, avec des tatouages photosensibles utilisés pour guider précisément les faisceaux de rayonnement, notamment lors de séances de radiothérapie.
L’an passé, l’étude des tatouages délicats d’une momie vieille de 2 000 ans avait contribué à éclairer l’art sibérien.