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À Florence, une étude menée sur 283 platanes révèle un effet inattendu de l’éclairage des rues

Et si les lampadaires empêchaient les arbres de reconnaître l’hiver ? À Florence, une étude portant sur 283 platanes révèle un phénomène étonnant : certains conservent leurs feuilles bien après les autres. Une découverte qui interroge les effets de nos villes illuminées sur la nature.

À Florence, un platane conserve ses feuilles vertes et jaunes sous un lampadaire allumé, tandis que les arbres voisins présentent des branches dénudées en hiver.
À Florence, la lumière des lampadaires peut prolonger la présence de feuilles vertes sur les platanes, même en plein hiver, comme l’illustre cette image générée par IA – DailyGeekShow.com / Image Illustration

À Florence, des chercheurs découvrent que certains platanes refusent de perdre leurs feuilles

À Florence, les platanes semblent parfois ignorer l’arrivée de l’hiver. Dans les zones sombres, les arbres perdent progressivement leur feuillage. Sous les lampadaires, certains restent pourtant étonnamment verts. Ce décalage saisonnier passe presque inaperçu auprès des passants. Il a cependant intrigué Luciano Massetti, chercheur au Conseil national italien de la recherche (CNR).

Entre 2014 et 2017, son équipe a étudié 283 platanes soumis à différentes conditions d’éclairage. Les résultats ont été publiés en 2018 dans Urban Forestry & Urban Greening. Ils révèlent une différence significative. Les arbres éclairés conservent davantage de feuilles vertes entre mi-décembre et fin janvier. Le phénomène s’est accentué pendant l’hiver froid de 2016-2017.

Le parc des Cascine révèle un contraste saisissant avec les rues illuminées de la ville

Le parc des Cascine offre un contraste particulièrement révélateur. Ce vaste espace vert florentin reste relativement préservé de l’éclairage urbain. Les chercheurs y ont constaté un phénomène frappant. La période sans feuilles vertes commençait au moins 20 jours plus tôt que dans les autres secteurs étudiés. Pourtant, tous ces arbres subissent le même climat régional.

Cette différence pourrait notamment s’expliquer par la photopériode. Ce terme désigne la durée quotidienne d’exposition à la lumière. Les arbres utilisent ce signal naturel pour anticiper les changements de saison. Lorsque les nuits rallongent, leur activité ralentit progressivement. Ils préparent alors leur repos hivernal. Mais la présence d’un lampadaire peut perturber cette horloge biologique.

L’observation n’est pourtant pas totalement nouvelle. Dès 1936, des scientifiques avaient remarqué un comportement similaire. Les branches proches d’une lampe conservaient parfois leurs feuilles plus longtemps. L’étude florentine apporte cependant des données de terrain à cette curiosité botanique. Une question restait entière : la lumière pouvait-elle provoquer seule un tel bouleversement ?

À Pise, une expérience sous LED révèle un retard de deux mois, mais pas chez tous les arbres

Pour approfondir cette énigme, des scientifiques de l’université de Pise ont réalisé une expérience. Ils ont sélectionné 30 jeunes arbres : 15 platanes et 15 tilleuls à grandes feuilles. Certains étaient exposés à des LED pendant la nuit. Les autres servaient de témoins. Les résultats sont parus en 2023 dans Science of the Total Environment.

La découverte est spectaculaire. Sous éclairage nocturne, les platanes présentent une entrée en dormance retardée d’environ deux mois. Les tilleuls ne montrent aucun décalage comparable. Ce chiffre mérite néanmoins une précision importante. Il provient d’une expérience contrôlée, avec des lampes proches des feuillages. Il ne concerne donc pas automatiquement tous les platanes urbains.

Derrière ces arbres encore verts, la lumière nocturne pourrait cacher d’autres perturbations

Les scientifiques ont également identifié un effet plus discret. Chez les arbres exposés aux LED, les feuilles matures assimilent moins de CO₂ à l’aube. Cette réaction évoque une sorte de fatigue physiologique après une nuit éclairée. Elle concerne les deux espèces étudiées. Pourtant, seul le platane présente un retard marqué de dormance.

Ces observations soulèvent plusieurs interrogations. Des feuilles actives trop longtemps pourraient devenir plus vulnérables au gel. Elles risqueraient également de perturber les réserves énergétiques de l’arbre. Pour l’instant, ces conséquences restent des hypothèses scientifiques. Les expériences ne permettent pas d’affirmer que l’éclairage nocturne réduit la longévité des platanes. Des recherches complémentaires seront nécessaires.

Pour les collectivités, l’enjeu dépasse la simple consommation électrique. Un éclairage urbain mieux adapté au vivant pourrait aussi préserver le rythme naturel des arbres. Cette perspective invite à regarder autrement nos rues illuminées. Lors d’une promenade hivernale, un détail mérite désormais l’attention. Pourquoi certains feuillages restent-ils verts quand leurs voisins sont déjà nus ?

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