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315 000 ans : le visage du plus ancien Homo sapiens connu reconstitué

On pensait initialement qu’il s’agissait des restes d’un Néandertalien

— © Moraes et al. / Heritage 2026

Sur la base des découvertes actuelles, les premiers représentants de notre espèce évoluaient en Afrique du Nord il y a un peu plus de 300 000 ans. La reconstitution faciale du plus ancien Homo sapiens connu révèle une apparence sensiblement différente de la nôtre.

Redonner un visage à Irhoud 1

Mis au jour en 1961 à Jebel Irhoud, au Maroc, ce crâne fossile avait été initialement attribué à un Néandertalien et daté d’environ 40 000 ans. Au fil des décennies, la découverte d’outils en pierre et d’autres ossements sur le site a contribué à remettre en question cette interprétation. En 2017, un nouvel examen d’Irhoud 1 a confirmé qu’il s’agissait du témoignage d’un Homo sapiens précoce, qui vivait dans la région il y a 315 000 ans.

S’il présentait une structure faciale et une dentition similaires à celles des populations actuelles, certaines caractéristiques crâniennes étaient typiques d’hominidés plus anciens, suggérant que certains changements liés à la morphologie cérébrale ont pu intervenir plus tardivement que ceux affectant les traits du visage.

Afin de redonner un visage à Irhoud 1, Cicero Moraes et ses collègues ont créé un modèle numérique de crâne à partir de ses restes, de la mâchoire d’Irhoud 11 et de dents d’Irhoud 10, 21 et 22. Le modèle obtenu affichait un volume cérébral de 1 230 centimètres cubes, équivalent à celui d’un homme adulte moderne.

Dans un second temps, l’équipe a importé des marqueurs d’épaisseur des tissus mous (peau et muscles faciaux), basés sur les scans d’humains actuels, et les a adaptés à sa morphologie crânienne.

— © Moraes et al. / Heritage 2026

Deux versions

La première version, en niveaux de gris, constitue « une approximation objective de l’apparence des hominidés de Jebel Irhoud ». Plus spéculative, la seconde (en tête d’article) ajoute des détails tels que la pilosité faciale et la pigmentation de la peau.

Comme le notent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Heritage, en l’absence de données précises concernant la structure et la répartition des tissus mous des hominidés du Pléistocène moyen, l’utilisation d’un ensemble issu de populations modernes constitue « un substitut méthodologique nécessaire ».

Faute de fossiles plus complets des premiers représentants de notre espèce, une telle approche se révèle indispensable pour nous faire une idée de leur apparence physique.

Précédemment, des chercheurs avaient reconstitué le visage de l’une des premières humaines modernes d’Europe, qui vivait il y a 45 000 ans.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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