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Gobage de vomi : un dauphin invente une nouvelle technique de « chasse » plutôt écoeurante

Mais apparemment efficace

Image d’illustration — Andrea Izzotti / Shutterstock.com

Créatures remarquablement intelligentes, les dauphins sont réputés pour leurs comportements de prédation complexes. Récemment, c’est une forme inédite, et assez peu ragoutante, qui a été documentée dans les eaux australiennes.

Une approche peu orthodoxe

Évoluant au large de l’île Lady Elliot, au nord-est de l’Australie, un grand dauphin (Tursiops truncatus) nommé Bubbles a été observé à 11 reprises, entre 2021 et 2025, en train de se livrer à une forme sensiblement écœurante de kleptoparasitisme : lorsqu’un prédateur en harcèle un autre afin qu’il lâche sa proie.

Le cétacé ciblait exclusivement des carangues gros-yeux (Caranx sexfasciatus). Dans un premier temps, il ciblait un spécimen dodu, puis l’isolait du reste du groupe et le poursuivait jusqu’à ce qu’il régurgite son repas (essentiellement constitué de poissons plus petits). Bubbles se nourrissait alors avidement de ce « vomi riche en nutriments », laissant la carangue secouée, mais saine et sauve.

En l’espace d’une trentaine de minutes, le grand dauphin pouvait répéter la même opération une dizaine de fois. Une fréquence élevée suggérant que l’écholocation pourrait jouer un rôle dans la détection, l’identification ainsi que le suivi de la proie.

« L’observation d’un tel comportement à l’échelle de plusieurs années laisse penser qu’il se concentre sur les poissons aux ventres les plus remplis, représentant des quantités de nourriture potentielle plus importantes », estime Asia Haines, auteure principale de la nouvelle étude, publiée dans la revue Ecology and Evolution.

Le mode opératoire « particulier » de Bubbles — © Armstrong et al. / Ecology and Evolution 2026

Dégoûtant mais efficace ?

Comme le rappelle l’équipe, les grands dauphins se nourrissent habituellement en groupe. Le fait que Bubbles ait toujours été observé en train d’agir seul suggère que cette forme de « prédation indirecte » impliquerait une dépense énergétique moindre.

À ce jour, il s’agit du seul spécimen connu à l’employer, mais les chercheurs n’excluent pas la possibilité, qu’à l’instar de cas documentés chez d’autres espèces animales, ce comportement ait été observé et copié par d’autres dauphins.

Précédemment, des scientifiques australiens avaient filmé une technique de prédation fascinante chez les dauphins, impliquant l’utilisation de coquillages de grande taille comme des nasses.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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