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Une étude espagnole associe la présence d’un chat à plus de difficultés comportementales chez l’enfant

Le chat familial, compagnon rassurant ou influence plus ambiguë qu’on ne l’imaginait ? Une étude espagnole menée auprès de près de 1 900 familles révèle un lien inattendu entre sa présence à certains âges et davantage de difficultés émotionnelles et comportementales quelques années plus tard.

Jeune enfant assise sur un tapis avec un chat domestique, tandis que ses parents apparaissent en arrière-plan dans le salon familial.
Une étude s’intéresse au lien entre la présence d’un chat durant la petite enfance et certaines difficultés émotionnelles ou comportementales observées plus tard – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Près de 1 900 familles suivies pour comprendre ce qui se joue derrière la porte du foyer

Pendant des années, les chercheurs du projet espagnol INMA, pour Infancia y Medio Ambiente, ont recueilli des questionnaires, des données familiales et des informations sur l’environnement des enfants. Leur étude, publiée en octobre 2025 dans le World Journal of Pediatrics, porte sur 1 893 familles suivies à plusieurs étapes de l’enfance.

Les scientifiques ont demandé aux parents si un animal vivait au foyer lorsque l’enfant avait 1 an puis 4 à 5 ans. Ils ont distingué les chiens, les chats, les oiseaux et les autres compagnons. À 7 ou 8 ans, les parents ont rempli le Strengths and Difficulties Questionnaire. Cet outil repère les difficultés émotionnelles et comportementales chez les jeunes.

Le chat attire alors l’attention. Les enfants dont la famille possédait un chat uniquement vers 4 ou 5 ans présentaient davantage de symptômes internalisés, comme l’anxiété ou le retrait. Ils montraient aussi plus de comportements externalisés, notamment des difficultés de conduite ou d’attention.

Le chiffre qui intrigue : jusqu’à 37 % de difficultés internalisées supplémentaires

Les modèles statistiques associent la présence d’un chat à 4 ou 5 ans à un taux de problèmes internalisés environ 37 % plus élevé. Ils indiquent aussi un taux de difficultés externalisées 26 % plus élevé. Les chercheurs ont retrouvé ces liens après plusieurs analyses statistiques complémentaires.

Voilà qui pourrait donner envie de regarder Minou d’un autre œil. Pourtant, ces pourcentages ne signifient pas qu’un enfant vivant avec un chat présente 37 % de risques supplémentaires de développer une maladie psychiatrique. L’étude évalue des scores comportementaux. Elle ne pose aucun diagnostic et ne prouve pas un lien direct de cause à effet.

Derrière le chat, les chercheurs soupçonnent une histoire familiale bien plus complexe

Pourquoi le félin montrerait-il ce lien alors que le chien ne présente pas le même signal ? Les auteurs avancent plusieurs pistes. Le mode d’interaction avec l’animal pourrait jouer un rôle. Un chien encourage souvent les promenades et les activités extérieures. Un chat reste généralement plus indépendant et vit davantage au rythme de la maison.

Une autre explication mérite aussi l’attention. Certaines familles choisissent peut-être un chat parce que leur enfant présente déjà des besoins émotionnels particuliers. Elles peuvent aussi rechercher un animal qui demande moins de sorties quotidiennes. Les chercheurs manquaient toutefois de données antérieures sur la santé mentale des enfants pour vérifier cette hypothèse.

La littérature scientifique invite donc à la prudence. Une revue récente sur l’attachement aux animaux et la santé mentale décrit des résultats très variés. Certaines études observent des bénéfices, d’autres ne trouvent aucun effet. Quelques-unes signalent même des associations défavorables. Chez certains enfants, un attachement fort peut pourtant renforcer le bien-être.

Pas question de chasser le chat du canapé : l’étude ouvre surtout une nouvelle énigme

Autre surprise, l’étude espagnole associe la présence durable d’animaux classés dans la catégorie « autres animaux » à moins de difficultés internalisées. Le message « chat mauvais, animal bon » ne tient donc pas. Le contexte familial, l’espèce et la qualité de la relation semblent tous peser dans la balance.

Des travaux récents montrent même qu’une relation encadrée avec un chat peut apporter des bénéfices comportementaux ou relationnels à certains enfants. La question devient alors plus intéressante : l’animal influence-t-il vraiment l’enfant, ou révèle-t-il surtout la manière dont une famille vit, communique et s’adapte à ses besoins ?

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