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Au Canada, une centrale nucléaire transportable de 50 MW pourrait alimenter près de 40 000 foyers

Et si une centrale nucléaire pouvait être assemblée loin de son lieu d’utilisation, transportée puis déployée là où l’électricité manque ? Au Nouveau-Brunswick, un projet de 50 MW porté avec deux Premières Nations veut transformer cette idée étonnante en réalité dès le début des années 2030.

Centrale nucléaire transportable de 50 MW sur une plateforme industrielle au port de Belledune, entourée de grues et de travailleurs.
Une centrale nucléaire transportable de 50 MW en préparation pour son déploiement au port de Belledune, au Canada – DailyGeekShow.com / Image Illustration

À Belledune, un projet nucléaire de 50 MW veut changer la manière de construire une centrale

Sur la côte du Nouveau-Brunswick, Belledune pourrait devenir un laboratoire de l’énergie nucléaire. Prodigy Clean Energy travaille avec les Premières Nations de Pabineau et d’Eel River Bar. Ensemble, elles étudient une installation de 50 mégawatts électriques. Les partenaires visent une mise en service au début des années 2030.

Cette puissance semble modeste face aux grands réacteurs. Pourtant, son impact pourrait rester important. Les promoteurs estiment que la centrale fournirait de l’électricité à jusqu’à 40 000 foyers. Le projet servirait aussi de démonstrateur commercial. D’autres installations pourraient ensuite voir le jour au Canada.

La nuance reste essentielle : aucune centrale de 50 MW ne se trouve encore sur le quai de Belledune. Le projet reste en phase préparatoire. Les partenaires doivent encore choisir la technologie du réacteur. Ils recherchent un modèle capable de produire de l’électricité à l’échelle commerciale d’ici 2032.

L’idée surprenante consiste à fabriquer une grande partie de la centrale avant son arrivée sur place

Le concept porte un nom simple : Transportable Nuclear Power Plant, ou TNPP. Prodigy ne construirait pas toute la centrale sur son site final. L’entreprise prévoit plutôt de fabriquer et d’intégrer une grande partie des équipements en usine. Elle les acheminerait ensuite par voie maritime jusqu’à Belledune.

Cette méthode pourrait simplifier les chantiers situés dans des régions reculées. Les équipes travailleraient dans un environnement mieux contrôlé. Elles éviteraient aussi certains retards liés aux routes, au climat ou au manque d’infrastructures. Le nucléaire deviendrait ainsi plus modulaire et reproductible, à l’image d’un navire construit selon un modèle déjà éprouvé.

Derrière les 40 000 foyers, le véritable enjeu se trouve peut-être dans le Grand Nord canadien

Belledune ne servirait pas seulement à produire de l’électricité. Le projet prévoit aussi un centre d’exploitation et de maintenance. Celui-ci pourrait accompagner plusieurs centrales transportables dans le nord du Canada. Les partenaires envisagent également un espace consacré à l’innovation énergétique autochtone et à la formation.

Cette perspective explique l’intérêt d’une centrale déplaçable. Dans certaines communautés isolées, les grands réseaux électriques restent difficiles à construire. La Commission canadienne de sûreté nucléaire estime que les petits réacteurs modulaires pourraient alimenter des réseaux réduits. Ils pourraient aussi desservir des régions éloignées ou hors réseau.

Le projet possède enfin une dimension économique forte. Les Premières Nations partenaires doivent devenir propriétaires des lieux. Selon Prodigy, la préparation pourrait créer plus de 150 emplois. L’exploitation ajouterait ensuite environ 40 postes permanents. L’initiative ne se limite donc pas à installer une nouvelle technologie.

Avant de produire le moindre kilowattheure, le projet devra franchir un parcours très encadré

Une centrale transportable ne peut pas s’installer n’importe où. Au Canada, un nouveau réacteur doit obtenir plusieurs autorisations de la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Ces permis concernent le site, la construction, l’exploitation et le démantèlement. Le projet devra aussi répondre aux exigences environnementales.

Les autorités peuvent également organiser des consultations publiques et autochtones. Ces étapes prendront du temps. Elles permettront d’examiner la sûreté, les effets locaux et la gestion des déchets. Le caractère transportable de l’installation ne supprimera donc aucune des obligations habituelles.

L’expérience de Belledune pourrait toutefois ouvrir une nouvelle voie pour le nucléaire. Si le modèle fonctionne, le Canada disposerait d’une solution pour certains territoires difficiles d’accès. La question restera alors entière : cette promesse industrielle saura-t-elle convaincre les autorités, les communautés et les futurs habitants des sites concernés ?

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