
Chaque année, des centaines de milliers de collisions impliquant des cervidés sont recensées en Europe. Comme le montre un récent cas médical en Allemagne, les conséquences les plus graves peuvent apparaître bien après le choc.
Un état de santé qui se dégrade rapidement
Il semble que le chevreuil impliqué ait été heurté par un autre véhicule, arrivant en sens inverse, et projeté sur le pare-brise de cet homme âgé de 39 ans. Blessé par les éclats de verre, il souffrait de plusieurs plaies souillées par « du sang animal, des fluides provenant d’organes éviscérés, notamment intestinaux, et de la terre », écrivent les auteurs de l’étude, publiée dans la revue The Lancet Infectious Diseases.
Environ une semaine plus tard, il présentait une forte fièvre, une lésion au niveau de l’œil gauche, ainsi qu’un gonflement au niveau du cou, sous la mâchoire. Quelques jours plus tard, une échographie a révélé une inflammation des ganglions lymphatiques au niveau du cou et, malgré un traitement antibiotique, une aggravation de l’œdème.
Un mois après l’accident, des examens complémentaires ont révélé l’apparition de multiples abcès au niveau de sa joue, qui ont nécessité un drainage chirurgical. Les analyses ultérieures ont révélé des signes d’infection par Francisella tularensis, une bactérie responsable de la tularémie, ou « fièvre du lapin ».
Supposant que la contamination provenait du sang du chevreuil, l’équipe médicale lui a alors administré de la ciprofloxacine, ayant fait ses preuves contre F. tularensis, ce qui s’est traduit par une amélioration rapide de l’état de l’homme. Trois mois après l’incident, ses abcès s’étaient complètement résorbés, et il ne ressentait plus qu’une légère tension au niveau du visage.

Arme biologique
Bien que les cas d’infection humaine par F. tularensis soient relativement rares, avec quelques centaines recensés chaque année en Europe, la maladie peut, en l’absence de traitement adapté, se révéler mortelle.
Classée par le gouvernement américain comme agent ou toxine de niveau 1, elle est depuis longtemps étudiée en tant que menace biologique potentielle. On suppose même qu’elle aurait été intentionnellement propagée il y a 3 300 ans dans ce qui est aujourd’hui la Turquie, ce qui en ferait la première utilisation connue d’une telle arme.
Autre cas médical étrange : il y a quelques années, l’examen médical d’un homme souffrant d’un enrouement persistant et de difficultés respiratoires avait révélé que des champignons se développaient dans sa gorge.
Par Yann Contegat, le
Source: Science Alert
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