Depuis 1993, la mine de Chehrābād en Iran révèle des mineurs momifiés par le sel depuis l’Antiquité perse. Leurs corps intacts racontent une mort brutale, un empire obsédé par cette ressource et une conservation naturelle presque inégalée dans le monde.

Comment le sel a transformé la mine de Chehrābād en enjeu économique majeur pour l’empire perse
Le sel occupait une place stratégique dans les économies anciennes. Sa maîtrise garantissait en effet un pouvoir économique et politique réel. La mine de Chehrābād se trouvait au cœur de l’empire achéménide, l’un des plus vastes de l’Antiquité. Ainsi, ce territoire dépendait largement de cette ressource pour prospérer.
Les Perses maîtrisaient les routes commerciales avec précision. Cette organisation servait d’ailleurs plusieurs objectifs à la fois. Le sel permettait de conserver les aliments sur de longues durées. Il finançait aussi les soldats et entretenait les infrastructures de l’empire.
L’exploitation de Chehrābād s’est étendue sur plusieurs millénaires. Elle a traversé la période achéménide jusqu’à l’époque islamique. Des chercheurs ont repéré des vestiges du Chalcolithique à proximité. Rien ne prouve pourtant qu’on y extrayait déjà du sel à cette époque.
Fractures, parasites intestinaux et un adolescent figé racontent une mort violente au fond de la mine
Le travail dans ces galeries exigeait une force physique énorme. L’obscurité, la poussière et le bruit rendaient chaque journée éprouvante. Des effondrements menaçaient aussi en permanence la vie des mineurs. Leurs outils rudimentaires ne facilitaient d’ailleurs pas la tâche.
Les analyses des corps ont révélé de nombreuses fractures et blessures par compression. Elles ont aussi détecté des traces de parasites intestinaux anciens. Ces indices suggèrent des accidents violents dans les galeries. Certains mineurs ont peut-être été ensevelis vivants sous les décombres.
La tête momifiée du premier homme de sel a émergé en 1993. Elle repose aujourd’hui au Musée national de Téhéran. Un adolescent de seize ans a aussi été retrouvé, les mains levées. Son geste de protection reste un des indices les plus poignants du site.
Comment le sel a transformé les corps de ces mineurs perses en momies presque intactes
Le sel possède des propriétés déshydratantes très puissantes sur les tissus organiques. Il absorbe rapidement l’eau contenue dans les cellules du corps. Cette action empêche ainsi la prolifération des bactéries responsables de la décomposition. Le sel réagit aussi avec les protéines et durcit les tissus comme du cuir.
Cette momification naturelle reste rare dans le monde entier. Elle apparaît d’ailleurs surtout dans des environnements très secs comme les déserts. La qualité de conservation varie cependant d’un corps à l’autre. Certains sont parfaitement préservés, d’autres montrent des dégradations plus marquées.
Une étude de 2024 relance les recherches sur la mine et laisse des questions sans réponse
Une étude de 2024 éclaire l’histoire du site. Un effondrement catastrophique, survenu vers 405-380 avant notre ère, aurait en effet coûté la vie à trois mineurs. Les archéologues ont recensé huit corps momifiés à ce jour. Toutefois, ce chiffre pourrait encore évoluer avec de nouvelles fouilles.
De nombreuses questions restent malgré tout sans réponse claire. Comment ces hommes organisaient-ils leur travail au quotidien ? Les chercheurs étudient aussi leurs vêtements, outils et restes alimentaires. Ces indices reconstituent peu à peu le mode de vie des mineurs perses.