
Dans l’ouest de d’Égypte, des archéologues ont mis au jour des dents fossilisées appartenant à plusieurs espèces de requins, contribuant à éclairer le passé aquatique de la région à l’époque des dinosaures.
Le plateau d’Abu-Tartur
Durant la seconde moitié du Crétacé, il y a entre 100 et 66 millions d’années, le climat mondial était nettement plus chaud, et le niveau des océans jusqu’à 170 mètres plus élevé qu’aujourd’hui. En conséquence, des mers peu profondes recouvraient des régions aujourd’hui désertiques.
Les dernières découvertes sont intervenues sur le plateau d’Abu-Tartur, situé entre les désert oriental et occidental égyptiens. Riche en phosphorites, les roches de la formation de Duwi avaient précédemment livré des fossiles de poissons, tortues et autres reptiles marins, offrant un aperçu remarquable de la vie foisonnante durant les dernières dizaines de millions d’années du règne des dinosaures.
Si Tarek Yassin, paléontologue à l’université du Caire, et ses collègues y avaient déjà mis au jour des dents fossilisées de requins-maquereaux, les dernières expéditions ont conduit à la découverte de 14 autres spécimens, attribués à cinq espèces supplémentaires de squales préhistoriques, incluant Serratolamna serrata et Squalicorax bassanii, qui n’avaient jamais été documentées en Égypte.
Fossilized teeth from at least seven shark species have been discovered in the Egyptian desert, hinting at its complex, watery past. https://t.co/jTJQL4kXfT
— Live Science (@LiveScience) August 27, 2026
Le témoignage de Scapanorhynchus raphiodon, reconnaissable à ses dents longues et fines et apparenté aux requins gobelins actuels, a particulièrement retenu l’attention des chercheurs. Selon Yassin, il pourrait s’agir du premier exemple jamais découvert en Afrique, ainsi que du plus récent connu dans les archives fossiles.
Cimetière de squales
Le fait que les témoignages d’autant d’espèces de squales aient été découverts dans un périmètre relativement restreint, au cœur d’Abu-Tartur, a poussé les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Cretaceous Research, à qualifier l’endroit de « cimetière de squales ».
« Cette concentration suggère un écosystème complexe et riche en nutriments, avec une abondance de petits poissons dont se nourrissaient essentiellement ces prédateurs trônant au sommet de la chaîne alimentaire », écrivent-ils.
À ce stade, on ignore si certains de ces squales coexistaient, ou si leurs restes ont été piégés dans les mêmes couches de sédiments. De futures datations devraient permettre de préciser cette chronologie.
Précédemment, des chercheurs avaient découvert le cimetière de baleines le plus profond et le plus étendu au monde, dans l’océan Indien.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
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