
Aux États-Unis, des chercheurs développent une nouvelle méthode basée sur des centrifugeuses, promettant d’accélérer considérablement le retraitement du combustible nucléaire usé.
Déchets problématiques
Depuis le début du nucléaire civil, au milieu des années 1950, on estime que près de 450 000 tonnes de combustible nucléaire usé ont été produites à l’échelle mondiale. Chaque année, ce sont environ 10 000 tonnes supplémentaires qui s’y ajoutent, dont une part limitée est actuellement retraitée.
Il s’avère que cette « bouillie » contient encore une grande partie de son uranium initial, ainsi que du plutonium et des isotopes particulièrement recherchés, comme le strontium 90, le rhodium 103, le palladium 105-110 et l’américium 241, utilisés dans les secteurs industriel, médical et aérospatial.
Les méthodes actuelles, telles que PUREX, impliquent de grandes colonnes dans lesquelles des solvants aqueux et organiques s’écoulent par gravité, capturant progressivement les éléments recherchés. Coûteux, le processus prend généralement des heures et le rayonnement a tendance à dégrader les solvants. Certains isotopes à demi-vie courte ont tendance à être écartés, et il faut également veiller à empêcher la concentration des flux de plutonium.
The United States has about 94,000 tonnes of nuclear waste in storage, though that's a bit like calling all that gold in Fort Knox "waste.https://t.co/nc83oEBuHe pic.twitter.com/RDdxBKjrT3
— New Atlas (@nwtls) August 22, 2026
Le projet REDUCE
Développé par la société Shine Technologies, avec le soutien du ministère américain de l’Énergie, le projet REDUCE vise essentiellement à améliorer l’extraction chimique de cet « or radioactif », tout en s’affranchissant des limites des procédés conventionnels.
Concrètement, des centrifugeuses soumettent la solution à une force supérieure à 1 000 g, réduisant considérablement la quantité de fluide nécessaire à la séparation des éléments recherchés, qui ne prend plus que quelques secondes. Selon Shine, l’approche impliquerait des installations bien plus petites, permettrait de récupérer les isotopes habituellement ignorés, et éviterait les accumulations problématiques de plutonium.
Enfin, la part de combustible ne pouvant être directement réutilisée pourrait être bombardée de neutrons et convertie en éléments à durée de vie beaucoup plus courte, réduisant ainsi considérablement la durée pendant laquelle ces matières resteraient dangereuses.
L’an passé, les États-Unis avaient approuvé le premier projet de réacteur nucléaire enfoui à 1 600 mètres de profondeur.