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La Chine accélère dans les puces électroniques, portée par Huawei et les tensions avec Washington

Longtemps dépendante des technologies étrangères, la Chine est en train de rebattre les cartes des semi-conducteurs. Derrière cette accélération se cache un paradoxe : les restrictions imposées par Washington auraient-elles finalement offert à Huawei et à ses rivaux le meilleur carburant possible pour progresser ?

Ingénieur dans une usine chinoise de semi-conducteurs inspectant un wafer de puces électroniques
Un ingénieur inspecte un wafer dans une usine de semi-conducteurs, alors que la Chine accélère le développement de sa propre industrie des puces face aux restrictions américaines – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pendant des décennies, la Chine fabriquait nos appareils mais pas leurs composants les plus précieux

La scène paraît presque anachronique. À la fin des années 1970, des experts américains visitaient encore une usine de Shanghai. Ils conseillaient alors les ingénieurs chinois en électronique. Quelques décennies plus tard, la Chine assemblait une grande partie des appareils mondiaux. Elle restait pourtant dépendante de puces étrangères pour les faire fonctionner.

Fabriquer un smartphone et graver son processeur sont deux aventures très différentes. La seconde demande des machines extrêmement précises. Elle exige aussi des logiciels spécialisés et beaucoup d’expérience. Pékin a donc investi massivement, notamment avec Made in China 2025. Malgré cela, le pays n’a pas immédiatement rattrapé Taïwan, les États-Unis ou la Corée du Sud.

Huawei, placé sous pression par Washington, est devenu le laboratoire inattendu du rattrapage

Puis la géopolitique s’est invitée dans les salles blanches. Washington a limité l’accès chinois aux processeurs avancés. Les équipements nécessaires à leur fabrication sont aussi concernés. Cette politique repose officiellement sur des raisons de sécurité nationale. En janvier 2025, le département américain du Commerce a encore renforcé ces contrôles.

Pour Huawei, déjà ciblé depuis plusieurs années, la contrainte est devenue une urgence industrielle. Le groupe a développé sa famille Ascend. Ces puces servent notamment aux calculs liés à l’intelligence artificielle. Selon des comparaisons publiées fin 2025, l’Ascend 910C reste moins puissant que le Nvidia H200. L’écart s’est toutefois nettement réduit.

Cette progression ne signifie pas que tous les verrous ont sauté. Reuters signalait encore des rendements difficiles chez SMIC. Cela signifie qu’une partie des puces produites reste inutilisable. Sans les meilleures machines de lithographie, fabriquer de grandes séries fiables demeure un défi industriel majeur. Le passage du prototype à la production de masse reste particulièrement délicat.

Les sanctions ont déclenché en Chine une course qui dépasse désormais largement Huawei

Le phénomène touche désormais toute la chaîne. Fin 2025, Reuters révélait une nouvelle exigence chinoise. Les fabricants construisant de nouvelles capacités devraient viser au moins 50 % d’équipements nationaux. Pékin veut ainsi remplacer les machines étrangères. La gravure, le nettoyage et le traitement des wafers sont concernés.

Les premiers résultats deviennent visibles. Naura teste par exemple des équipements de gravure sur des lignes avancées de SMIC. De son côté, le fonds public chinois des semi-conducteurs a lancé une troisième phase en 2024. Elle dispose de 344 milliards de yuans, soit environ 49 milliards de dollars. Cette somme doit réduire des dépendances jugées stratégiques.

Derrière la bataille des puces se joue déjà celle de l’intelligence artificielle mondiale

L’enjeu dépasse largement le prochain téléphone haut de gamme. Les semi-conducteurs accélèrent les modèles d’IA. Ils équipent aussi les voitures autonomes, les réseaux télécoms et les centres de données. Mieux contrôler leur conception permet à Pékin de sécuriser son infrastructure numérique. Cela peut aussi réduire l’effet de futures sanctions étrangères.

Huawei n’est d’ailleurs plus seul. Alibaba, Cambricon et Xiaomi développent leurs propres composants. Le fabricant de mémoire YMTC poursuit également ses efforts. Le 24 août 2026, Reuters rapportait que Xiaomi avait présenté son processeur Xring O3. Cette annonce illustre la progression de l’intégration verticale dans l’industrie chinoise.

Il serait toutefois prématuré d’annoncer une victoire chinoise. Nvidia conserve un avantage technologique important. Son écosystème logiciel CUDA reste aussi très difficile à remplacer. Pourtant, son PDG Jensen Huang reconnaissait au printemps 2026 une perte importante du marché chinois des puces d’IA. Huawei en est devenu le principal bénéficiaire.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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