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Ces fresques chinoises vieilles de 2 000 ans ont été réalisées avec du sang humain

Probablement prélevé lors d’accouchements

— © Rolfmueller / Wikimedia Commons

Les peintures rupestres rouge vif de la vallée chinoise du Zuojiang semblent défier le temps. De récentes analyses ont révélé la présence de sang humain, contribuant à leur remarquable conservation.

Biominéralisation

La datation de ces œuvres, laissées sur des parois calcaires, a montré qu’elles avaient été réalisées il y a entre 2 600 et 1 900 ans. Attribuées à la culture Luoye, qui prospérait alors dans cette région du sud de la Chine, elles représentent des rapports sexuels, des femmes enceintes et des organes génitaux masculins, que les chercheurs lient à un ancien culte de fertilité.

« Cet art rupestre a traversé les millénaires, dans une région subtropicale exposée aux moussons », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Archaeological Science. « Aucun liant organique classique n’aurait pu tenir aussi longtemps sous de tels niveaux d’humidité. »

L’analyse chimique des peintures, si solidement ancrées à la roche que le prélèvement d’échantillons a impliqué une perceuse, a révélé deux couches distinctes. Présentant une haute teneur en phosphate de calcium, la première était obtenue en chauffant des os d’animaux, des fientes d’oiseaux, du calcaire et des coquillages. Dans un second temps, de l’eau et du sang étaient ajoutés, créant ainsi un « mortier liquide ». Lorsqu’il commençait à sécher, une couche de pigment rouge, obtenu à partir d’argile riche en oxyde de fer, était appliquée.

Selon l’équipe, les protéines sanguines permettaient de « biominéraliser » le carbonate de calcium. À mesure que les pigments s’y retrouvaient encapsulés, elles fusionnaient avec la paroi rocheuse. Une telle liaison composite organique-inorganique illustre la complexité des techniques employées par ces anciens artistes.

Essentiellement du sang humain

Dans la majorité des cas, le mortier contenait entre 97 et 99 % de sang humain, complété par celui de plusieurs espèces herbivores.

Un examen approfondi a révélé qu’il contenait une protéine étroitement liée à la prolactine et la lactotransferrine, dont les taux augmentent considérablement en fin de grossesse et durant l’allaitement. Les chercheurs supposent que le précieux liquide aurait pu être prélevé lors d’accouchements.

« Cela renforce l’idée d’un culte lié à la fertilité féminine, propre à cette société matriarcale de pêcheurs et de chasseurs-cueilleurs », concluent-ils.

Il y a quelques années, l’étude d’un masque péruvien millénaire avait révélé la présence de sang humain, également utilisé comme liant.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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