
En obtenant l’image la plus nette à ce jour de la minuscule compagne de Bételgeuse, l’une des dix étoiles les plus brillantes du ciel nocturne, des astronomes ont résolu un mystère cosmique tenace.
Bételgeuse et Bételgeuse B
Marquant l’épaule de la constellation d’Orion, Bételgeuse est une supergéante rouge située à environ 640 années-lumière de la Terre. S’il s’agit de l’une des étoiles les plus célèbres de la Voie lactée, observée depuis des siècles, une variation de luminosité inhabituelle intriguait depuis longtemps les chercheurs. En plus d’un cycle principal de 400 jours, lié aux pulsations de ses couches externes qui se dilatent et se contractent, son éclat affichait également une oscillation plus lente, s’étalant sur environ six ans.
Il y a quelques années, des chercheurs de l’université de New York et de Harvard l’avaient modélisée en s’appuyant sur des décennies de données, renforçant ainsi l’hypothèse d’une étoile compagnon cachée, orbitant remarquablement près de la surface boursouflée de Bételgeuse (à moins de 6 unités astronomiques, soit autant de fois la distance Terre-Soleil).
Selon leurs calculs, en décembre 2024, ce second astre s’éloignerait suffisamment du premier pour pouvoir être discerné et imagé. Une tâche à laquelle se sont attelés Miguel Montargès, de l’Observatoire de Paris, et son équipe en utilisant le Very Large Telescope, installé au Chili. Au cours des mois suivants, le passage au peigne fin des données collectées a permis de confirmer la présence de Bételgeuse B.
Comme l’expliquent les chercheurs, cette compagne stellaire proche serait bien plus grande et brillante que prévu, avec une masse estimée entre deux et trois fois celle du Soleil. Elle pourra à nouveau être observée d’ici un an, lorsqu’elle se trouvera de l’autre côté de la supergéante rouge.

Fin de vie cataclysmique
Bételgeuse traverse actuellement les ultimes stades de sa vie. Gonflant comme un ballon et libérant des quantités prodigieuses de matière, à l’origine d’un obscurcissement marqué détecté il y a quelques années, elle finira par exploser en supernova.
Bien qu’il soit à ce stade difficile de prédire quand cet événement cataclysmique se produira, il est possible que ses interactions gravitationnelles avec Bételgeuse B l’influencent.
En 2024, des chercheurs avaient obtenu la toute première image rapprochée d’une étoile située en dehors de notre galaxie : la supergéante rouge WOH G64.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: étoile, voie lactée, bételgeuse
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