
Dans le nord de l’Espagne, des fouilles ont révélé de nouvelles preuves de cannibalisme humain préhistorique, attribuées à un représentant archaïque de notre lignée, qui vivait dans la région à la toute fin du Pléistocène inférieur.
De nouvelles preuves de cannibalisme à Gran Dolina
Jusqu’à présent, les signes d’un tel comportement identifiés dans la grotte de Gran Dolina, au cœur de la Sierra de Atapuerca, concernaient essentiellement les restes d’enfants et de nourrissons Homo antecessor, qui évoluait en Europe occidentale il y a entre 1,2 million et 770 000 ans.
Si cet échantillon suggérait un probable scénario de « représailles », avec les membres les plus vulnérables d’un groupe rival possiblement enlevés et consommés, les récentes découvertes remettent largement en question cette hypothèse.
Datés d’environ 850 000 ans, ces vingt ossements (fragments de crâne et de colonne vertébrale, os de bras et de jambe et dents) appartenaient à des adultes, et présentaient, en plus des marques caractéristiques d’outils de coupe préhistoriques, les stigmates de morsures humaines, constituant « la preuve la plus fiable que les corps retrouvés sur le site ont bel et bien été consommés », selon le communiqué de l’Institut catalan de paléoécologie humaine et d’évolution sociale.
Newly excavated bones from Gran Dolina cave in Spain reveal an ancient human relative practiced cannibalism on adults and children, but researchers still don't know why. https://t.co/yI01SueuPY
— Live Science (@LiveScience) July 27, 2026
« Le nombre total d’individus cannibalisés à Gran Dolina s’élève désormais à 13, et le fait qu’il s’agisse majoritairement d’adultes nous permet d’envisager cette pratique sous un angle différent », avance l’archéologue de l’IPHES Andreu Ollé.
Une pratique rituelle ?
À ce stade, les raisons du recours à une telle pratique restent obscures. Les analyses ostéologiques actuellement menées devraient permettre de préciser l’âge des individus ciblés, ainsi que le nombre et la durée de ces « épisodes de cannibalisme », qui pourraient permettre d’appuyer la piste d’une pratique rituelle, plutôt que de subsistance.
« Nous venons tout juste de commencer à excaver cette zone, et ces premières découvertes illustrent déjà son énorme potentiel scientifique », s’enthousiasme Marina Mosquera, également de l’IPHES.
Les dernières fouilles du site ibérique ont également révélé un ensemble d’outils lithiques faits de silex, de quartzite et de grès, et les restes de divers représentants de la faune préhistorique locale, comprenant hyènes, castors, cerfs, chevaux et rhinocéros. Selon l’équipe, la plupart d’entre eux présentaient des marques de coupe similaires à celles identifiées sur les restes humains.
Précédemment, une étude avait attribué l’abandon progressif du cannibalisme chez les humains à son « coût biologique ».
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: humain, cannibalisme
Catégories: Histoire, Actualités