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Épopée océanique ou cauchemar écologique : ce crabe piégé dans une bouteille a dérivé pendant 2 mois

Une nouvelle illustration de l’ampleur de la pollution plastique

— © Hajime Sato et al. / Ecosphere 2026

Des chercheurs japonais ont récemment décrit une odyssée océanique aussi improbable qu’inquiétante, impliquant un crabe ayant vraisemblablement grandi à l’intérieur d’une bouteille plastique.

Prison de plastique

Le crustacé et son « embarcation » avaient été découverts en 2022 au large de l’archipel d’Okinawa. « Nous sommes tombés sur cette bouteille en plastique à environ un demi-kilomètre des côtes de l’île de Sesoko », écrivent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Ecosphere. « À notre grande surprise, un crabe nageur vivant et plutôt massif se trouvait à l’intérieur. »

Appartenant à l’espèce Portunus sanguinolentus, celui-ci mesurait 4 centimètres de long pour 8 de large, quand le goulot de la bouteille ne dépasse pas les 2,4 centimètres de diamètre. De toute évidence, il n’avait pu s’y glisser que lorsqu’il était nettement plus petit, ce qui sous-entendait également des ressources alimentaires suffisantes pour soutenir sa croissance.

Une fois l’animal libéré de sa prison de plastique, des séquençages génétiques ont montré qu’il avait récemment consommé des alevins de Canthidermis maculata et Abudefduf vaigiensis, ainsi que des algues s’étant développée sur les parois internes de la bouteille.

Se basant sur la taille de son principal occupant et celle d’un spécimen de Lepas anserifera, crustacé filtreur connu pour se fixer aux carapaces des crabes et se développer rapidement, l’équipe japonaise a estimé la durée de cette épopée à deux mois.

Le crabe, sa bouteille et trois des poissons collectés lors de la même mission — © Hajime Sato et al. / Ecosphere 2026

Des polluants omniprésents

Si cette découverte à première vue improbable fait écho à un conte populaire japonais de la fin des années 1920, où une salamandre se révèle incapable de quitter sa grotte après avoir passé deux ans à s’y gaver, elle illustre surtout l’ampleur de la pollution plastique.

« Des signalements similaires dans les eaux japonaises indiquent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène isolé », écrivent les chercheurs. « Les objets qui simplifient notre quotidien peuvent avoir des effets dévastateurs sur la vie marine, aussi résiliente soit-elle. »

L’an passé, une étude avait révélé la présence de tels polluants au point le plus profond de la Méditerranée.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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