
Des archéologues russes ont décrit une sépulture médiévale inhabituelle en Sibérie. Renfermant les restes de deux individus ainsi que la peau complète d’un équidé adulte, elle révèle des liens culturels étroits avec l’Asie.
Une sépulture inhabituelle
Lors de fouilles menées il y a une dizaine d’années dans les montagnes du Sayan, s’étendant du sud-est de la Russie au nord de la Mongolie, des dizaines de tombes avaient été mises au jour. Parmi les plus intrigantes, un tumulus funéraire entouré de pierres, qui s’est révélé abriter les restes d’une femme âgée d’une quarantaine d’années au moment de sa mort, d’un nouveau-né, ainsi qu’une colonne vertébrale de mouton et, surtout, le crâne, les membres et la peau complète d’un cheval.
Ce n’est que récemment que les autres objets qu’il renfermait ont pu bénéficier d’un examen approfondi.
Détaillé dans le Bulletin of Novosibirsk State University, celui-ci révèle que l’individu adulte avait été inhumé avec une paire de boucles d’oreilles en bronze, un couteau en fer, un fuseau en pierre utilisé pour filer manuellement la laine, ainsi que les fragments d’un miroir brisé rituellement. Orné de grappes de raisin, ce dernier s’avère très similaire à ceux trouvés dans des sépultures associées à la dynastie chinoise Tang (618 à 907 de notre ère).
Archaeologists found a rare medieval burial of a woman, newborn child and horse in southern Russia. https://t.co/Z0LQaS416d
— Live Science (@LiveScience) June 11, 2026
Parmi la dizaine d’équipements équestres exhumés de la sépulture figurait notamment une paire d’étriers cérémoniels, dont l’un présentait des motifs aux influences indiennes et persanes claires. « Chez les groupes nomades des steppes médiévales, sa face la plus présentable — généralement la gauche — était exposée », notent les chercheurs.
Des individus de haut rang inhumés au Xe siècle
Si les datations initiales au radiocarbone avaient suggéré une fourchette chronologique large pour ce tumulus (entre le IXe et le XIIIe siècle), les différents objets qu’il renfermait situent plutôt les inhumations des deux individus au cours du Xe siècle.
Selon Andrey Poliakov, chercheur à l’Académie russe des sciences ayant coordonné les fouilles, à ce jour, une poignée de sépultures similaires ont été mises au jour dans la région du Sayan-Altaï et en Asie centrale.
« La nature multiculturelle d’un grand nombre de ses artefacts indique que la femme et l’enfant appartenaient aux plus hautes strates de leur société », détaille-t-il. « Plutôt que des objets de son quotidien, il s’agirait d’un dépôt funéraire constitué de reliques appartenant à ses ancêtres. »
Il y a quelques mois, une tombe scythe abritant une arme rarissime avait été mise au jour en Sibérie.
Par Yann Contegat, le
Source: Live Science
Étiquettes: sibérie, sépulture, cheval
Catégories: Actualités, Histoire