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Entre le raptor et l’oiseau moderne : ce fossile découvert en Chine bouscule l’histoire de l’évolution animale

Des paléontologues ont identifié les restes d’un dinosaure volant vieux de 120 millions d’années en Chine. Ce prédateur à quatre ailes, proche cousin du Vélociraptor, chassait les premiers oiseaux de notre histoire et éclaire d’un jour nouveau la transition entre reptiles et volatiles.

Petit dinosaure à plumes planant dans une forêt préhistorique près d’un lac.
Cette reconstitution visuelle illustre un petit prédateur à plumes évoluant dans un ancien écosystème lacustre du Crétacé. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un mystérieux prédateur volant surgit du passé dans les forêts préhistoriques de la province chinoise du Gansu

En analysant des sédiments de la formation de Xiagou, des scientifiques ont décrit une nouvelle espèce baptisée Jian changmaensis dans la revue Annals of Carnegie Museum. Cet animal vivait il y a environ 120 millions d’années au sein d’un écosystème dominé par un grand lac.

Par conséquent, cette zone boisée abritait une faune variée composée de poissons, de tortues et de volatiles primitifs. Les microraptors profitaient pleinement de cet environnement pour traquer leurs proies. Contrairement aux géants de la pop culture, ces animaux possédaient une petite taille et un corps entièrement recouvert de plumes.

Quelques ossements préservés en trois dimensions révèlent l’anatomie inédite de ce lointain cousin du Vélociraptor

Bien que le fossile se limite à une omoplate et une partie de l’aile, sa préservation en relief reste exceptionnelle. En effet, la majorité des spécimens découverts dans cette région de la Chine apparaissent totalement aplatis par le temps, ce qui empêche souvent une analyse anatomique précise.

Grâce à ces ossements d’environ dix centimètres, les chercheurs estiment l’envergure du reptile à plus d’un mètre. Ainsi, sa corpulence se rapprochait de celle d’une chouette effraie actuelle. De plus, de longues plumes fixées sur ses membres inférieurs lui donnaient une silhouette de dragon à quatre ailes.

Cette découverte constitue une première pour le bassin de Changma. Depuis l’année 2002, les paléontologues y avaient extrait exclusivement plus de cent squelettes d’oiseaux. L’apparition de ce dinosaure non aviaire bouscule donc les connaissances sur la répartition des espèces dans cette ancienne zone lacustre.

Des indices fossilisés montrent que ce prédateur employait une méthode de chasse similaire à celle de nos chouettes

Sur le site de fouilles, la présence d’amas d’os brisés attire particulièrement l’attention des spécialistes. Ces structures ressemblent fortement aux pelotes de réjection rejetées par les rapaces contemporains. Ces derniers régurgitent en effet les éléments impossibles à digérer, comme les squelettes de leurs proies après un repas.

Même si l’attribution définitive reste privée de preuve absolue, plusieurs indices désignent Jian changmaensis. Ce carnivore dépassait largement la taille des oiseaux environnants. De plus, l’examen de l’appareil digestif d’autres microraptors apparentés a déjà révélé des restes fossilisés de lézards, de petits mammifères et de poissons capturés.

Ainsi, le scénario d’une chasse à l’affût prend tout son sens pour les scientifiques. L’animal planait probablement d’arbre en arbre, imitant le déplacement des écureuils volants actuels. Il se jetait ensuite par surprise sur les volatiles depuis la canopée pour s’en nourrir.

Un témoignage biologique direct pour observer la transition évolutive entre les dinosaures et nos oiseaux actuels

Au-delà de ce mode de vie, cette lignée offre un intérêt scientifique majeur. Ces créatures partagent effectivement des caractéristiques communes avec les deux règnes, mêlant des griffes acérées en forme de faucille à des plumes aérodynamiques. Leurs corps témoignent des modifications physiques vers le vol moderne.

C’est pourquoi l’étude de ce spécimen permet d’analyser en temps réel les prémices de cette métamorphose biologique. Le chercheur Matthew Lamanna espère d’ailleurs qu’une future expédition permettra d’exhumer le reste de ce squelette fossilisé unique afin de lever les derniers mystères sur son anatomie.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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