
L’étude minutieuse de plus de 200 espèces d’araignées a permis de couronner la plus rapide du monde. Originaire d’Australie, cette sprinteuse hors pair frôle les 3,6 mètres par seconde.
Heteropoda jugulans s’illustre
Afin d’explorer les forces biomécaniques en jeu, Shreyas Kuchibhotla, de l’Imperial College de Londres, et ses collègues ont collecté 162 espèces d’araignées provenant des quatre coins du globe. Chaque arachnide a été pesé, puis filmé lors de tests de vitesse réalisés sur du papier A4 ou A3 quadrillé. À ces données se sont ajoutées des mesures réalisées par d’autres équipes, portant le total d’espèces examinées à 258.
Comme l’expliquent les auteurs de la nouvelle étude, pré-publiée sur le serveur bioRxiv, si un contact léger avec un pinceau suffisait dans la majorité des cas, les tarentules se sont montrées nettement moins coopératives. « Des jets d’air comprimé ont été nécessaires pour qu’elles se mettent enfin à courir », détaillent-ils.
Le record du monde a été établi par l’araignée chasseuse australienne Heteropoda jugulans. Pesant tout juste 3 grammes, l’animal a atteint la vitesse spectaculaire de 3,59 mètres par seconde. « Elles sont relativement grandes mais possèdent un abdomen peu volumineux », explique Kuchibhotla.
The most comprehensive database ever compiled of how fast arachnids can run has shown how leg anatomy and evolutionary history influence spiders’ running speed https://t.co/2kKClvulOg
— New Scientist (@newscientist) June 30, 2026
La véritable surprise est venue de l’araignée-gobelin orange (Oonops pulcher), dont la performance a été comparée à une téléportation. Ne dépassant pas les 0,1 milligramme, celle-ci est en effet capable de se déplacer à plus de 20 centimètres par seconde.
Trajectoire évolutive
Comme le rappelle David Labonte, de l’Imperial College de Londres, les modes de vie (stratégies de chasse notamment) donnent lieu à des adaptations anatomiques et physiologiques extrêmes. « Elles expliquent pourquoi le guépard battrait facilement à la course n’importe quel chien de gabarit similaire », explique-t-il.
Sur le plan anatomique, les chercheurs lient essentiellement la course rapide chez les araignées à des pattes relativement longues et épaisses.
« Le principal enseignement de ces travaux est que leur vitesse dépend avant tout de la structure de leurs membres et de leur histoire évolutive », conclut Leanda Mason, de l’université Edith Cowan.
Plus tôt cette année, une étude avait révélé le mécanisme permettant à une araignée australienne d’effectuer de bonds prodigieux.