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Consanguinité, cannibalisme et mort : le cycle de vie étrange de ces acariens ne dépasse pas 4 jours

Ces arachnides ont longtemps déconcerté les scientifiques

Image d’illustration

Au sein du règne animal, la longévité atteint des extrêmes prodigieux. Si le requin du Groenland peut vivre plus de 400 ans, on s’intéresse aujourd’hui à un acarien parasite, dont le cycle de vie aussi riche que morbide s’étend sur quatre jours.

Une espèce atypique

À première vue, l’existence des mâles Adactylidium parait bien futile : ils ne semblent pas se reproduire et, contrairement aux femelles, ne se nourrissent pas d’oeufs de petits insectes ailés, ce qui implique qu’ils meurent généralement peu de temps après leur naissance.

Afin de préciser leur cycle de vie et de résoudre ce mystère biologique, des chercheurs se sont penchés sur ce genre d’acarien en 1966, avec des découvertes surprenantes à la clé.

L’équipe a constaté que les femelles se fixaient à un seul œuf de thysanoptère, constituant leur source de nourriture pour le reste de leur courte vie. Après environ 84 heures, six à neuf nymphes, dont une seule mâle, s’était formées à l’intérieur leur cavité utérine.

Douze heures plus tard, elles étaient physiologiquement matures et se sont frayées un chemin hors du corps de leur mère en la dévorant, et le cycle recommençait.

Scénario macabre

Intrigués par le fait que dans de nombreux cas, les mâles ne quittent jamais cet environnement, les chercheurs ont multiplié les observations et découvert que les femelles étaient déjà fécondées lorsqu’elles quittaient la cavité utérine.

En d’autres termes : le mâle de la portée s’accouple avec ses sœurs in utero avant de servir, dans la plupart des cas, de repas à ces dernières. Lorsqu’il échappe à ce sort peu enviable et a la chance de voir la lumière du jour, il meurt rapidement en raison de son incapacité à se nourrir.

Quant à la raison d’un tel scénario, les scientifiques pensent qu’elle est liée au régime alimentaire des femelles Adactylidium. Un seul oeuf de thrips constituant une source limitée de nutriments, l’accouplement et le cannibalisme in utero permettraient de limiter leurs dépenses énergétiques.

Pour aller plus loin, découvrez ces 10 façons de naître aussi étranges que fascinantes dans le monde animal.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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