En avril, une étude néerlandaise révèle une pollution atmosphérique globale. Les chercheurs d’Utrecht et de Groningue confirment la présence massive des méthylsiloxanes dans notre air. La pollution aux méthylsiloxanes, issue des silicones, surpasse désormais les PFAS en volume d’inhalation quotidienne.

L’origine des méthylsiloxanes : des cosmétiques aux lubrifiants, un chiffre alarmant de 4 % des aérosols
Chimiquement, ces composés appartiennent à la grande famille des silicones. Vous les trouvez quotidiennement dans vos shampoings, vos déodorants et divers produits cosmétiques pour leur texture soyeuse. La pollution aux méthylsiloxanes provient également des lubrifiants automobiles sous des formes moléculaires lourdes.
Longtemps, la communauté scientifique pensait que l’évaporation de nos salles de bain constituait la source principale. Toutefois, l’analyse récente démontre une réalité différente. Les composés lourds issus de la circulation routière représentent aujourd’hui une part prédominante des émissions mondiales identifiées.
La pollution aux méthylsiloxanes s’étend : une dispersion mondiale des villes jusqu’aux forêts isolées
Globalement, l’équipe universitaire a détecté ces polluants partout. Ils voyagent sur de très longues distances sans se dégrader rapidement. Cette remarquable stabilité permet aux silicones de synthèse de traverser les continents avant une retombée par les précipitations.
Quatre pour cent de la masse totale des aérosols organiques mondiaux proviennent de ces substances. Vous respirez ainsi des particules de lubrifiant moteur en plein centre-ville comme au cœur d’une forêt. L’air intérieur reste cependant nettement plus chargé en composés volatils.
La persistance et la bioaccumulation : un risque invisible au cœur de la chaîne alimentaire mondiale
Inévitablement, ces polluants organiques persistants finissent dans les sédiments marins. Les écosystèmes aquatiques absorbent directement ces rejets toxiques. Ensuite, les molécules remontent progressivement jusqu’aux poissons et aux mammifères marins que vous consommez peut-être régulièrement lors de vos repas.
Aujourd’hui, les concentrations mesurées inquiètent grandement les biologistes. Des tests confirment une perturbation endocrinienne probable chez certains animaux exposés. Ces dérèglements hormonaux menacent la reproduction de plusieurs espèces aquatiques déjà fragilisées par le réchauffement climatique actuel des océans mondiaux.
Concernant notre santé, le danger respiratoire devient concret. La quantité inhalée chaque jour par un adulte dépasse largement les doses de microplastiques. Les chercheurs exigent donc une évaluation médicale urgente pour mesurer l’impact de ce bain chimique permanent.
L’urgence réglementaire européenne : les autorités étendent les restrictions face aux seuils critiques
L’Union européenne tente déjà de freiner cette contamination silencieuse. Le règlement REACH limite strictement certains siloxanes très volatils dans vos cosmétiques à rincer. Un seuil maximal extrêmement rigoureux s’applique obligatoirement pour protéger nos systèmes d’évacuation des eaux usées.
Malheureusement, ces premières barrières juridiques paraissent insuffisantes face aux récentes découvertes. Les experts réclament l’élargissement immédiat de ces interdictions aux lotions cutanées. Ils ciblent surtout les applications industrielles afin d’endiguer définitivement cette fuite massive vers notre environnement atmosphérique.
Écologiquement, le remplacement des silicones volatils devient indispensable pour réussir la transition urgente. L’industrie chimique doit impérativement formuler de nouvelles alternatives biodégradables. À São Paulo, les taux relevés atteignent 98 nanogrammes par mètre cube dans l’air urbain.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Étiquettes: pollution, Méthylsiloxanes
Catégories: Actualités, Sciences physiques