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Ukraine : le test d’un lanceur spatial depuis un avion relance la course aux satellites et la peur d’Oreshnik russe

Des tests tenus secrets montrent que l’Ukraine a lancé des fusées depuis un avion de transport. L’enjeu dépasse la prouesse technique. Kyiv vise à la fois l’accès rapide à l’espace, l’autonomie satellitaire et, à terme, une réponse au missile russe Oreshnik.

Un avion de transport militaire vole au-dessus d’une épaisse couche nuageuse à l’aube, au moment où une petite fusée commence son allumage.
Au-dessus d’une mer de nuages, un avion de transport militaire libère une petite fusée dont l’allumage débute. Une scène spectaculaire, entre aviation stratégique et conquête de la haute atmosphère. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

À 8.000 mètres, l’Ukraine a testé un lancement discret qui replace la guerre aussi sur le terrain spatial

Selon Fedir Venislavskyi, les services ukrainiens ont testé un lanceur aérien depuis un avion de transport volant vers 8.000 mètres. Deux tirs auraient même franchi l’espace pendant la guerre. Le responsable parle d’opérations conduites sous la direction de Kyrylo Budanov.

Ce repère compte, car Budanov a quitté la tête du renseignement militaire ukrainien début 2026. Autrement dit, ces essais remontent au plus tard à 2025. Vous voyez l’idée : Kyiv n’a pas seulement improvisé, il a structuré un vrai programme exploratoire.

En partant déjà en altitude, la fusée brûle moins de carburant et gagne un avantage rare au décollage

Le principe reste simple. L’avion emporte la fusée au-dessus des couches denses de l’atmosphère, puis la libère en vol. Ensuite, le moteur s’allume plus haut, avec moins de traînée et donc une économie de carburant très précieuse.

C’est aussi pour cela que la barre des 100 kilomètres pèse autant dans le récit ukrainien. La communauté scientifique utilise souvent la ligne de Kármán pour marquer l’entrée dans l’espace. L’un des tirs aurait dépassé 200 kilomètres.

Le concept, toutefois, ne sort pas de nulle part. Northrop Grumman fait décoller Pegasus depuis des décennies vers 12.000 mètres. Virgin Orbit a aussi tenté cette voie avec un Boeing 747 et quatre missions réussies entre 2020 et 2023.

Face à Oreshnik, Kyiv parle d’un outil dual, mais les promesses militaires exigent encore beaucoup de prudence

Pourquoi cette annonce revient-elle maintenant ? Parce que Kyiv relie ce futur spatioport aérien à la menace d’Oreshnik russe. Moscou présente ce missile comme très difficile à intercepter. En novembre 2024, la Russie l’a utilisé pour la première fois contre l’Ukraine.

Il faut toutefois garder la tête froide. Des responsables ukrainiens évoquent un usage possible contre ce type de menace, pas une capacité opérationnelle démontrée. D’autant que des experts jugent exagérées certaines affirmations russes, tandis que des charges factices ont accompagné des frappes déjà recensées.

Sept à dix satellites visés : derrière l’effet d’annonce, l’Ukraine cherche surtout autonomie, veille et liaison

Le volet civil existe bel et bien. Venislavskyi décrit un système capable de mettre en orbite de petits engins et de servir des projets pacifiques. Concrètement, un décollage depuis un avion offre plus de souplesse qu’un pas de tir fixe.

Le volet militaire, ensuite, touche surtout aux données. L’Ukraine vise un premier réseau de sept à dix satellites pour la surveillance et les communications. Dans un pays attaqué chaque jour, obtenir ses propres images et liaisons change immédiatement la vitesse de décision.

Au fond, c’est cela qu’il faut retenir. Cette annonce ne prouve pas encore un bouclier spatial prêt à l’emploi. En revanche, elle montre une autonomie orbitale recherchée sous pression, avec une logique simple : lancer plus vite, décider plus vite, répondre plus vite.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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