
L’analyse d’un vaste ensemble de données indique une accélération significative du taux de réchauffement de notre planète, faisant craindre un franchissement proche des points de basculement climatiques.
Une intensification claire
Alors qu’avant 2014, la Terre se réchauffait d’environ 0,18 °C par décennie, la nouvelle étude, publiée dans la revue Geophysical Research Letters, indique que ce taux a atteint 0,36 °C au cours de la dernière décennie. Selon ses auteurs, si le réchauffement mondial se poursuit à ce rythme, nous pourrions franchir le seuil critique d’1,5 °C d’augmentation par rapport aux niveaux préindustriels, fixé par l’accord de Paris, dès 2028.
« Chaque dixième de degré supplémentaire favorise les phénomènes météorologiques extrêmes et aggrave les impacts sur les écosystèmes », rappelle Stefan Rahmstorf de l’université de Potsdam. « À l’exception des États-Unis, le monde entier tente d’endiguer le réchauffement mondial, rendant son accélération d’autant plus préoccupante. »
Après une série de records annuels de chaleur, les climatologues ont commencé à débattre de l’influence de fluctuations naturelles, telles qu’El Niño en 2023 et 2024, sur cette tendance. Basés sur cinq ensembles de données différents et prenant également en compte les effets des éruptions volcaniques et les pics d’activité solaire, les travaux de Rahmstorf et ses collègues sont les premiers à mettre en évidence une accélération statistiquement significative due au changement climatique, avec un niveau de confiance de 98 %.
Since 2014, the planet has been warming by about 0.36°C per decade, according to an analysis of five temperature datasets, raising fears that climate tipping points could be crossed earlier than expected https://t.co/AxQS9vR9DQ
— New Scientist (@newscientist) March 9, 2026
Une analyse de l’Office européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme suggère même que les 1,5 °C d’augmentation, associés à l’effondrement des récifs coralliens, au dépérissement de la forêt amazonienne ainsi qu’à la fonte irréversible de la calotte glaciaire du Groenland et de celle de l’ouest de l’Antarctique, pourraient être temporairement franchis cette année.
Le rôle des aérosols
Certains scientifiques attribuent l’accélération récente du réchauffement climatique à la forte réduction des niveaux atmosphériques de dioxyde de soufre issu du transport maritime depuis 2020. Bien que nocif pour la santé, ce polluant contribuait à réfléchir une partie du rayonnement solaire. Sa diminution rapide pourrait ainsi expliquer le « bond » observé.
Les futures réductions d’aérosols promettant d’être plus progressives, Rahmstorf n’exclut pas que le taux de réchauffement se stabilise au cours de la prochaine décennie.
En début d’année, des chercheurs s’étaient spécifiquement penchés sur le sort des glaciers de la planète d’ici 2100.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
Étiquettes: réchauffement climatique, changement climatique, terre
Catégories: Écologie, Actualités