À l’échelle de la géologie, 250 millions d’années représentent à peine un battement de cils. Pourtant, les modèles actuels décrivent une planète métamorphosée : supercontinent, océans remodelés, chaleur extrême. Ainsi, au cœur de cette fresque vertigineuse, la France pourrait occuper une position stratégique, presque salvatrice.

La lente danse des plaques tectoniques annonce la naissance d’un nouveau supercontinent nommé Pangée Ultima
Rien n’est immobile sous nos pieds. En effet, les plaques tectoniques glissent de quelques centimètres par an, portées par les mouvements du manteau terrestre. Sur des millions d’années, ces déplacements recomposent les continents, ferment des océans et en ouvrent d’autres ; par conséquent, ils dessinent un cycle colossal appelé cycle des supercontinents.
Selon plusieurs simulations géodynamiques, l’océan Atlantique finirait par se refermer. Progressivement, les Amériques se rapprocheraient de l’Afrique et de l’Eurasie, tandis que, dans le même temps, l’océan Indien deviendrait une vaste mer intérieure. Dès lors, autour de cet ensemble émergerait un océan global unique, encerclant un continent géant : Pangée Ultima.
Une carte du monde méconnaissable où l’Europe et l’Afrique se heurtent et redessinent les reliefs
Lorsque les masses continentales entrent en collision, la croûte terrestre se plisse et s’élève. Ainsi, la future rencontre entre l’Europe et l’Afrique effacerait la mer Méditerranée, comprimée jusqu’à disparition. À sa place, d’immenses chaînes montagneuses pourraient surgir ; en d’autres termes, de véritables super-Alpes s’étendraient sur des milliers de kilomètres.
Dans cette configuration, les frontières actuelles perdraient tout sens. En effet, des territoires aujourd’hui séparés par des mers deviendraient voisins directs. Par conséquent, la France se retrouverait plus au nord, tandis que le Maghreb se rapprocherait considérablement du sud européen, formant alors un continuum terrestre inédit et spectaculaire.
Ce bouleversement géographique ne serait pas qu’une curiosité cartographique. Car les reliefs modifient les vents, les précipitations et la circulation océanique. Ainsi, en quelques millions d’années, les climats régionaux basculeraient, préparant progressivement le terrain à une transformation bien plus radicale : une planète largement dominée par la chaleur extrême.
Volcanisme massif, CO₂ et Soleil plus lumineux : les ingrédients d’une Terre dépassant les 40 °C
La formation d’un supercontinent s’accompagne souvent d’un volcanisme intense. De plus, d’immenses provinces magmatiques pourraient libérer d’énormes quantités de CO₂, renforçant mécaniquement l’effet de serre. À cela s’ajouterait, par ailleurs, un Soleil environ 2 à 3 % plus lumineux qu’aujourd’hui, augmentant encore l’énergie reçue par la planète.
Dès lors, le résultat serait sans appel : des températures moyennes supérieures à 40 °C sur de vastes régions intérieures. En effet, loin des influences maritimes, l’air deviendrait plus sec et les sols plus arides. Par conséquent, les écosystèmes terrestres subiraient une pression thermique intense, fragilisant particulièrement les grands animaux et de nombreux mammifères.
Cependant, tous les territoires ne seraient pas logés à la même enseigne. En revanche, les zones côtières et les latitudes plus élevées conserveraient une relative modération thermique grâce à la proximité de l’océan mondial. Ainsi, dans un monde brûlant, ces marges deviendraient progressivement des poches de stabilité climatique précieuses.
Pourquoi la France projetée vers le nord pourrait figurer parmi les régions les moins hostiles
Déplacée vers des latitudes nordiques, la France bénéficierait d’un ensoleillement moins écrasant que le cœur du supercontinent. De plus, la proximité de l’océan périphérique favoriserait des échanges thermiques limitant les pics extrêmes. Ainsi, dans ce contexte particulier, l’Hexagone pourrait se situer dans une bande climatique plus tempérée.
Par ailleurs, cette position charnière, entre nouvelles chaînes montagneuses et littoraux, offrirait aussi un accès plus régulier à l’eau. Or l’eau constitue le facteur clé de la résilience biologique ; en effet, là où l’humidité persiste, la vie trouve des refuges, même sous des températures élevées.
Bien sûr, ces projections restent des scénarios fondés sur les meilleures connaissances actuelles en géosciences. Toutefois, elles rappellent surtout une évidence fascinante : la Terre n’est jamais figée. Ainsi, dans ce futur lointain, la France, déplacée et transformée, pourrait paradoxalement devenir l’un des derniers abris sur une planète surchauffée.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: Melty
Étiquettes: tectonique des plaques, climat extrême
Catégories: Écologie, Actualités