
En dépit de ce que leur apparence massive pourrait suggérer, les pattes des éléphants sont plus proches des pieds humains que des sabots, avec toutefois un « orteil » supplémentaire.
Un os sésamoïde
Étonnamment, il a fallu attendre 2011, et l’examen de centaines de pattes d’éléphants congelées, pour que les chercheurs identifient et décrivent cette caractéristique anatomique. Comparable au pouce du panda, il s’agit techniquement d’un « os sésamoïde » qui se niche dans les coussinets souples des pattes antérieures et postérieures des pachydermes.
Au départ cartilagineuses, ces structures se rigidifent pour soutenir le poids de l’animal et stabiliser ces extrémités. En examinant leurs connexions aux os du poignet et de la cheville, John Hutchinson et ses collègues ont pu déterminer que les pieds (ainsi que la démarche) de leurs ancêtres étaient bien différents.
« Ils ont longtemps été plats », explique le chercheur. « Au fil du temps, un coussinet épais et élastique s’est formé sous le talon, ce qui a conduit au développement du mode de déplacement que nous observons chez les éléphants modernes. »
Selon l’équipe, ces changements se sont produits il y a environ 40 millions d’années. En passant de plus en plus de temps sur la terre ferme, les éléphantiformes ont progressivement atteint le gigantisme (au moins deux tonnes et plus de 2 mètres au garrot) et vu leur structure plantaire évoluer parallèlement, avec des orteils plus droits et une charge répartie jusqu’au talon.

Moyens de communication
Étrangement, les pieds des éléphants leur servent également à communiquer, grâce à des capteurs sensoriels nichés dans leurs coussinets plantaires, qui agissent un peu comme des antennes.
En 2012, une étude a révélé que la gamme étonnante d’infrasons (vibrations à basse fréquence) utilisée par ces géants herbivores, imperceptibles pour l’oreille humaine et capables de se propager sur plusieurs kilomètres, était en partie détectée par ces structures.
Il y a quelques années, des chercheurs s’étaient penchés sur une autre particularité anatomique des éléphants, et avaient découvert qu’elle aspirait l’eau à une vitesse ahurissante.