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700 km/h, 20 G, 1 mètre d’envergure : le drone français que même les généraux américains n’ont pas vu venir

Dans une petite usine d’Alsace, un drone désarmant de vitesse et de puissance est né : le Fury 120. Conçu sans soutien d’État, capable d’intercepter des drones kamikazes à 700 km/h, il pourrait bien devenir l’arme secrète de la guerre moderne.

Drone intercepteur français à microréacteur volant à basse altitude au-dessus d’un terrain désertique, sans hélices, conçu pour intercepter des drones ennemis rapides.
Drone intercepteur français à microréacteur en vol à basse altitude, conçu pour contrer les drones kamikazes grâce à sa vitesse et sa manœuvrabilité extrêmes – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi le Fury 120 est une réponse technique radicale aux drones kamikazes

Imaginez un engin de la taille d’une table de cuisine, propulsé à 700 km/h par un véritable microréacteur. Ce drone, conçu par la PME alsacienne ALM Méca, vise un objectif très précis : neutraliser les drones kamikazes qui menacent aujourd’hui les villes, les infrastructures et les lignes de front.

Ces drones suicides, comme les Shahed iraniens, sont bon marché, simples, et très difficiles à intercepter. Leur petite taille les rend discrets, et leur nombre, souvent massif, sature les défenses classiques. Ainsi, utiliser des missiles sol-air pour les détruire revient à brûler des lingots d’or pour éteindre une bougie.

C’est justement là que le Fury 120 change la donne. Grâce à sa vitesse fulgurante, sa capacité à voler bas et à réagir instantanément, il peut intercepter ces engins bien en amont. En somme, c’est une solution plus rapide, plus fine, plus abordable que tout ce qu’on utilise aujourd’hui, et qui pourrait bien équilibrer le rapport de force sur le terrain.

Une innovation autofinancée par une PME française qui pourrait rebattre les cartes du secteur défense

Ce qui bluffe, ce n’est pas seulement la performance, mais aussi l’origine du projet. En effet, contrairement aux mastodontes du secteur défense, ALM Méca n’a reçu aucune aide du ministère des Armées. Treize salariés, un atelier d’usinage, une idée un peu folle : fabriquer un intercepteur capable de faire du dogfight contre des cibles autonomes. En moins d’un an, le prototype est né.

Certes, on manque encore d’infos sur ses systèmes de détection et de guidage. Cependant, le concept est clair : un drone rapide, maniable, réutilisable (ou pas, selon l’approche) et surtout à coût contenu. D’ailleurs, cela rappelle ce qu’a fait Turgis & Gaillard avec leur drone MALE Aarok, qui a séduit l’armée après une démarche similaire.

20 G dans les virages : quand la robotique dépasse les limites humaines pour intercepter en vol

Oui, 20 G. C’est ce que le Fury 120 pourrait encaisser en vol. C’est trois fois plus que ce qu’un pilote humain peut supporter, même bien entraîné. On touche ici à une logique purement robotique : optimiser la performance sans se soucier de la biologie.

Par conséquent, cela permettrait au drone de « virer sec », de changer d’axe, de prendre en chasse un autre engin et de réagir instantanément. Idéal pour suivre des drones qui zigzaguent ou changent brutalement de cap. Ce genre de comportement est ingérable pour les missiles classiques, trop rigides, trop chers, trop longs à recharger.

Ce qui manque encore pour que le Fury 120 devienne une arme opérationnelle sur le terrain

Le drone est-il déjà opérationnel en Ukraine ? Officiellement, rien n’a été confirmé. Pourtant, le pays est devenu un terrain d’expérimentation militaire majeur, où l’on teste en conditions réelles les innovations les plus récentes, dans un contexte de guerre intense et d’évolution rapide des tactiques.

Reste à savoir si l’armée française ou ses alliés oseront franchir le pas en lui ouvrant l’accès au théâtre d’opérations. Le potentiel est là. Toutefois, il faudra encore convaincre les stratèges que ce drone minuscule peut offrir une réponse crédible face à des menaces asymétriques déjà bien réelles.

Ce qui bloque encore, c’est la certification, l’industrialisation et l’intégration dans les réseaux de défense. Il ne suffit pas d’avoir un bon drone. En réalité, il faut qu’il sache « parler » aux radars, aux centres de commande, aux autres unités. C’est là qu’ALM Méca joue gros. Mais si le puzzle s’emboîte, la France pourrait bien avoir son propre Roadrunner, sans attendre les Américains.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Futura

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