Traduire automatiquement des conversations en plusieurs langues sans apprentissage au préalable, voici la nouvelle prouesse des chercheurs de Facebook. S’appuyant sur des algorithmes divers, la traduction grâce à l’intelligence artificielle a fait un pas de géant, tout comme la reconnaissance faciale. Explications.

Facebook, entre mine d’or et dérives

Dans une interview donnée à nos confrères de FranceTV, Antoines Bordes, le directeur des équipes de FAIR explique : « Plus de 200 langues sont parlées sur la plateforme Facebook. » Les ingénieurs du réseau social cherchent donc à permettre la communication entre les différentes populations du monde en inventant un système de traduction universelle et automatisée. Afin d’y arriver, il est également nécessaire que cette dernière ne se base sur aucun exemple ou expérience, mais bien directement à partir d’un message textuel envoyé par un utilisateur. Cela permet un délai en temps réel.

C’est le système que vous pouvez utiliser directement dans votre conversation sur Messenger, mais également sur Facebook lors de la traduction d’une publication qu’un ami peut faire dans une autre langue. Évidemment, quand il est question d’anglais ou d’une autre langue majoritairement parlée en France, cet algorithme se voit beaucoup moins que dans d’autres situations : il permet par exemple, aujourd’hui, la traduction instantanée du turc en coréen, alors même « qu’il existe très peu de traduction entre ces deux langues », comme le rappelle Antoine Bordes. Aujourd’hui, plus de 200 langues sont concernées pas cet algorythme.

Mais cette IA s’intéresse également à la reconnaissance d’images. On peut tout de suite évoquer le cas de la tuerie de Christchurch, où la vidéo déchirante de la fusillade est restée en ligne pendant de nombreuses minutes. L’algorithme n’a pas semblé fonctionner et il a fallu attendre un long moment avant qu’elle ne soit retirée du réseau social. À cette question, Antoine Bordes explique que cela revient au jugement arbitraire de l’intelligence artificielle. Malheureusement, censurer automatiquement ce genre de contenu reviendrait à censurer également des milliers d’extraits de jeux vidéo ou de films, où des scènes violentes et similaires sont soumises aux intelligences artificielles. « C’est compliqué pour une machine de faire la part des choses », comme le rappelle le directeur des équipes de FAIR. Aujourd’hui, Facebook a pris de nouvelles mesures contre la diffusion des images violentes.

Quid de l’éthique ?

La question de l’éthique dans le domaine de l’intelligence artificielle (et encore plus dans celui de la reconnaissance faciale) prend une place de plus en plus importante. Cela est notamment lié avec le développement écrasant des IA dans tous les domaines de la vie, qui remplacent ou supplantent l’activité humaine. Au sein du laboratoire FAIR (Facebook Artificial Intelligence Research) à Paris, les chercheurs qui s’intéressent et qui travaillent à la traduction automatique et la reconnaissance d’images pour Facebook ne s’interdisent aucun sujet, mais sont de plus en plus vigilants sur la manière dont certains sujets sont traités.

« Par exemple, si je fais un système de reconnaissance d’objets ou de personnes, je veille à ce que les résultats soient les mêmes, quels que soient les paramètres ethniques, sexuels ou socioprofessionnels, etc. », comme en témoigne Antoine Bordes. Concrètement, cela se traduit en évitant les associations trop systématiques entre le football et les hommes, ou la danse classique avec les femmes, les symboles d’un certain sexisme.

Aujourd’hui, le débat entre l’éthique et l’intelligence artificielle soulève des dizaines de questionnements. Et régulièrement, le Daily Geek Show vous rapporte les nouvelles problématiques engendrées par le secteur de l’IA, et plus précisément de son utilisation. On peut citer l’exemple d’Hololens, où les employés de Microsoft s’étaient clairement opposés à l’utilisation de leur technologie pour la guerre.

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