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L’ONG Global Witness a dressé un bilan annuel désastreux sur la situation des défenseurs de l’environnement dans le monde entier. En effet, le rapport paru le mardi 30 juillet 2019 fait état de plusieurs meurtres de défenseurs de l’environnement et ce, dans plusieurs pays du monde.

L’année 2017 a été la plus meurtrière

En 2017, l’ONG britannique Global Witness a rapporté qu’au moins 207 défenseurs de l’environnement ont été assassinés dans 22 pays différents, soit presque 4 meurtres par semaine. Dans son rapport du mardi 24 juillet 2017, l’ONG déclare que c’est sans nul doute « la pire année enregistrée jusqu’ici ».

Selon le rapport, l’Amérique Latine et plus particulièrement le Brésil, le Mexique, le Pérou et le Nicaragua, concentrent 60 % de ces décès. Mais parmi ces pays, c’est le Brésil qui remporte la palme du pays le plus meurtrier avec 57 meurtres, suivi par les Philippines avec 48 morts.

Des défenseurs de la nature meurent partout dans le monde.

La série noire s’est poursuivie en 2018

Bien que l’année dernière, le nombre de victimes soit moins élevé que pour 2017, Global Witness rapporte que les meurtres et les intimidations se poursuivent.

En effet, dans son bilan annuel, l’ONG déclare qu’au moins 164 défenseurs de l’environnement ont été tués en 2018. Ces militants auraient lutté contre des projets miniers, forestiers ou agro-industriels. Toutefois, pour l’ONG Global Witness, ce chiffre ne serait que la partie visible de l’iceberg. Dans le rapport, l’organisation déclare effectivement que d’innombrables autres victimes à travers le monde ont été forcées à se taire à coup de violence, de menaces, d’abus de pouvoir et même de dévoiement des lois anti-manifestation.

Si, en 2017, le Brésil était à la tête du classement, il a été déchu par les Philippines au sein desquelles l’ONG a recensé pas moins de 30 meurtres. Derrière les Philippines se trouvent la Colombie, avec 24 morts, l’Inde avec 23 morts et le Guatemala avec 16 meurtres confirmés en 2018.

La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les droits des peuples autochtones, Vicky Tauli-Corpuz, a déploré que, partout dans le monde, « les défenseurs de l’environnement et des terres, dont un nombre important sont des représentants de peuples autochtones, sont considérés comme des terroristes, des voyous ou des criminels du fait qu’ils défendent leurs droits et pour la simple raison qu’ils habitent sur des territoires convoités par d’autres ».

Il y a eu au moins 164 décès de miliants pour l’environnement en 2018.

Le GIEC pointe du doigt les multinationales

Le Groupe d’experts de l’ONU sur le climat (GIEC) devrait bientôt publier un rapport sur l’utilisation des terres. Or, ce rapport devrait également souligner le rôle important que jouent les peuples autochtones dans la protection de la nature.

Selon l’ONG, les faits révèlent pourtant une « tendance inquiétante » vers l’intimidation, l’emprisonnement ou même le meurtre de ces militants pour l’environnement. Pour Global Witness, les investisseurs ont leur part de responsabilité dans cette situation. Dans le rapport, l’ONG martèle qu’« il n’est pas suffisant pour les multinationales liées à des confiscations de terres de plaider l’ignorance. Elles ont la responsabilité de s’assurer de façon préventive que les terres dont elles profitent ont été louées légalement, avec le consentement des communautés qui y vivent depuis des générations. »

L’ONG Global Witness appelle à la considération des peuples autochtones.

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