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Pourquoi le nuage de Tchernobyl s’est-il « arrêté » à la frontière française ?

Pourquoi le nuage de Tchernobyl s’est-il « arrêté » à la frontière française ?

Le 26 avril 1986, lors de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, s’est déroulé un drame énergétique, écologique et surtout, humain. A la suite de ce tragique évènement et face au danger qui menaçait sa population, l’État français a choisi la dissimulation. Nous revenons pour vous sur cet accident et ses réelles conséquences.

A 1h23 du matin, le 26 avril 1986, à Tchernobyl, est survenu le plus grave accident nucléaire du XXe siècle. En cause, l’augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur numéro 4 de la centrale ukrainienne, puis la fusion du coeur qui mena à une explosion dévastatrice.

La centrale de Tchernobyl
La centrale de Tchernobyl

Car outre son impact direct, qui causa la mort immédiate de plusieurs personnes, la détonation eut pour autre effet de libérer et de propager d’importantes quantités d’éléments radioactifs dans l’atmosphère. Dès lors, les répercussions furent très sévères sur les plans écologique et humain.

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Plusieurs études sur la mortalité liée à la radioactivité de la catastrophe font état de dizaines de milliers de morts, comme un rapport établi en 2006 par plusieurs agences de l’ONU qui recense 9 000 décès directement imputables aux radiations de Tchernobyl. Mais les chiffres peuvent considérablement varier d’un organisme à l’autre et Greenpeace évoque pour sa part 90 000 morts.

En France, le lendemain de la catastrophe, le SCPRI, le Service central de protection contre les rayonnements ionisants, déclarait : « Du point de vue de la santé publique, il n’y a aucun risque. » Dès lors, les médias français emboîtaient le pas à l’organisme étatique et reprenaient en coeur la « vérité » du moment, comme ce fut le cas de Libération.

La carte de la France dans le journal d'Antenne 2 le 2 mai 1986
La carte de la France dans le journal d’Antenne 2 le 2 mai 1986

Symbole de cette dédramatisation du problème sanitaire que représente la catastrophe nucléaire, la chaîne de télévision publique Antenne 2 diffuse, le 29 avril sur la carte de France de la météo, l’image d’un panneau STOP censé marquer l’arrêt pur et simple du nuage radioactif à la frontière. 30 ans plus tard, la réalité est bien moins réjouissante.

LE TAUX D’EXPOSITION AUX RADIATIONS A LARGEMENT AUGMENTÉ APRÈS L’ACCIDENT

Le quotidien, dans son édition du 2 mai 1986, précisait : « La France doit une fière chandelle à l’anticyclone des Açores qui, en ramenant le beau temps qu’on n’espérait plus, a empêché aussi in extremis le vilain nuage d’envahir le territoire et éventuellement de nous pleuvoir dessus. »

Car désormais, les chiffres attestent que le taux d’exposition aux radiations de nombreux Français a largement augmenté dans les années suivant l’accident, sans pour autant qu’il fut nécessairement mortel. Surtout, plusieurs travaux indiquent que l’État français a sciemment minimisé les répercussions de l’explosion.

Le nuage de Tchernobyl au 1er mai 1986
Le nuage de Tchernobyl au 1er mai 1986

LE TAUX DE RADIATION EN FRANCE A ÉTÉ JUSQU’À MILLE FOIS SOUS-ÉVALUÉ

Par exemple, dans un article du journal Le Monde publié le 24 avril 2006, un journaliste souligne que l’effet de Tchernobyl dans l’Hexagone a été jusqu’à mille fois sous-évalué, précisant toutefois qu’il est impossible de clairement discerner les répercussions du drame.

Également en 2006, l’Institut national de veille sanitaire a publié un rapport relatif à des travaux effectués avec l’Institut de protection et de sûreté nucléaire. Les spécialistes y estiment notamment que l’incident de Tchernobyl a été responsable de 7 à 55 cancers de la thyroïde dans l’est de la France, région qui figure parmi les plus exposées à la catastrophe.

La centrale de Tchernobyl via Shutterstock
La centrale de Tchernobyl via Shutterstock

La manière dont les répercussions du drame de Tchernobyl ont été cachées amène à une réflexion indispensable sur la façon dont communiquent les organismes gouvernementaux. Surtout, l’évènement rappelle la dangerosité potentielle du nucléaire, et le besoin d’amorcer une transition vers une énergie plus verte et sécurisée. Vous pouvez observer les effets désastreux de Tchernobyl à travers les vestiges angoissants de Pripiat, cette ville fantôme située à 3 kilomètres de la centrale.

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Onze est la contraction de “undecim” en latin, qui signifie “dix et un”

— @DailyGeekShow