La salle des commandes dans la zone d’exclusion de Tchernobyl
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Avec le succès critique et commercial de la série Chernobyl, sortie en 2019, qui revenait sur la plus grosse catastrophe nucléaire de l’histoire de l’humanité, la région de Tchernobyl a connu un véritable retour médiatique, pour le meilleur comme pour le pire. Après avoir connu une recrudescence du tourisme avec notamment des influenceurs partageant leurs clichés pris sur les lieux de l’incident, la ville a dorénavant décidé d’ouvrir le réacteur 4, qui serait à l’origine de la tristement célèbre explosion, aux curieux venus du monde entier. Explications.

Une salle de contrôle historique

Trente trois ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, subsistent en Ukraine plus de 2000 km2  de surface dite contaminée, où subsistent des taux de radiation extrêmement élevés et potentiellement dangereux pour la santé humaine. C’est la salle de contrôle du réacteur 4, à l’origine de l’explosion dans la nuit du 26 avril 1986 et située au coeur de cette zone, qui a été ouverte au public et aux visites guidées, selon les agences de voyage situées à Tchernobyl.

Jusqu’à maintenant, Tchernobyl et sa ville voisine Pripyat, étaient réputées pour leur toxicité , et fortement déconseillées d’accès. Quant à la salle de contrôle du réacteur 4, son accès était formellement interdit : on y estime les rayonnements 40 000 fois supérieurs à la normale.

Cependant, à la suite de la diffusion de la série diffusée cet été, le lieu a connu un véritable regain d’intérêt touristique. Un constat qui pousse en juillet le président ukrainien Volydymyr Zelensky à signer un décret définissant la zone comme étant une « attraction touristique« . Une décision surprenante qui pourrait donner lieu à la construction de diverses infrastructures touristiques, mais également au développement de transports facilitant l’accès au site pourtant inhabité depuis 33 ans.

Un « dark tourisme » de plus en plus pratiqué

Depuis la sortie de la série éponyme, le site de Tchernobyl a connu un regain de popularité par les touristes du monde entier, parfois déplacé. Influenceurs et utilisateurs des réseaux sociaux avaient en effet publié des clichés, s’exhibant sur les lieux de la catastrophe, malgré les 28 décès dus au syndrome du rayonnement mobile, les 15 décès liés au cancer de la thyroïde chez les enfants, et les chiffres controversés estimant à des dizaines de milliers le cas de cancers à long terme qui pourraient résulter de la catastrophe.

Une fascination macabre sur laquelle l’Ukraine semble bien avoir l’intention de surfer. Certaines agences de voyage ukrainiennes avaient constaté un bond de 40% du nombre de réservations estivales à la suite de la sortie internationale de la mini série. Nombre de produits dérivés, comme une vodka artisanale conçue à partir de matières premières issues des abords de la centrale avaient également vu le jour.

Cependant, pas question pour le gouvernement d’exposer les touristes à des risques de contamination trop élevés. Pour cette raison, les curieux désireux de visiter la salle de contrôle du réacteur 4 devront soumettre à un protocole de sécurité drastique, et seront minutieusement équipés d’une combinaison de protection, d’un casque et de gants. Dans le but de limiter l’exposition à la radioactivité, la visite sera courte, et les visiteurs devront également se soumettre à une batterie de test à la suite de la visite, afin de mesurer leur taux de radiation.

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