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Savez-vous que certains Pokémon sont inspirés de créatures mythologiques ?

Pour n’importe quelle histoire, il est important de créer des figures fortes, mémorables et attachantes. Mais avec la franchise Pokémon, l’équipe de Game Freak doit en faire des centaines et des centaines ! Heureusement, ils peuvent s’inspirer du monde animal et de la mythologie mondiale. Venez avec nous à la découverte de Pokémon inspirés du folklore des quatre coins du monde.

 

Momartik (Yuki-onna)

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Avant de devenir un Momartik, ce Pokémon est un Snorunt inspiré des yukinko, des esprits enfantins du folklore japonais qui émergent avec la neige. Lorsque ce Pokémon devient un Momartik, on change de mythe pour la yuki-onna, un esprit féminin de glace. Elles apparaissent pendant les neiges nocturnes sous l’apparence de magnifiques femmes avec de longs cheveux noirs et des lèvres bleues. Elle se manifeste en kimono ou complètement nue, elle ne marche pas dans la neige, mais flotte au-dessus. Comme beaucoup de fantômes japonais, certaines versions de cette légende la décrivent sans pieds. Elle s’amuse à entraîner les voyageurs dans des tempêtes de neige comme une sirène le ferait pour les fonds marins et peut vous faire mourir de peur en un regard. Plus les siècles passent et plus son caractère semble s’adoucir dans les descriptions que l’on fait d’elle. Momartik est un Pokémon qui peut aussi être redoutable grâce à ses types, mais manque cruellement de défense pour être compétitif.

 

Ho-oh (Fenghuang)

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Nous faisant rêver en apparaissant dès le premier épisode de la série animée, Ho-oh marque le début de l’aventure de Sacha comme il marqua les esprits en étant le Pokémon emblématique de la version Or. Cet oiseau de type Feu et Vol semble avoir les caractéristiques du phoenix, l’oiseau légendaire capable de renaître de ses cendres après s’être calciné lui-même. Un ancien symbole du cycle de la vie et de la mort qui prend ses racines dans la mythologie persane, mais a depuis trouvé ses équivalents chez les Grecs, les Romains ou encore les aborigènes d’Australie. Mais sa version chinoise, Fenghuang ressemble le plus à Ho-oh. On dit que quiconque a le bonheur de le voir aura la chance de son côté pour le restant de sa vie. C’est peut-être ce qui sauve Sacha depuis tout ce temps ! Comme Fenghuang, Ho-oh a la tête d’un faisant et le corps d’un canard. En revanche, seul Ho-oh a le pouvoir de faire apparaitre des arcs-en-ciel grâce à ses plumes prismatiques.

 

Ténéfix (Gobelin de Hopkinsville)

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On traverse la fine séparation de la mythologie et du folklore pour parler d’une légende urbaine américaine. Ténéfix avait la particularité de n’avoir aucune faiblesse grâce à son double type Ténèbres et Spectre, mais depuis la 6e génération et l’apparition du type Fée, il a gagné une faiblesse. Pas de chance ! Le gobelin de Hopkinsville est l’une des légendes urbaines les plus populaires des États-Unis. En 1955, deux familles de fermiers proches de la ville de Hopkinsville prétendent avoir vu un OVNI dans le ciel, puis des créatures avec des yeux brillants, des oreilles pointues, de petites jambes, des mains crochues et des hanches chancelantes. Étrangement, cette légende urbaine est très connue au Japon est s’est répandue dans la culture populaire dans différents films, séries et mangas. Ça fait une trotte depuis le Kentucky, mais il sera certainement mieux reçu au Japon, pays de toutes les bizarreries. Ce qui n’est pas surprenant, c’est que Ténéfix soit si étrange avec une telle inspiration.

 

Insolourdo (Tsuchinoko)

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Avec son petit corps de serpent jaune et vert d’eau, ses minuscules ailes et ses deux crochets en bas du visage, Insolourdo a tout et rien à la fois. C’est sans connaître les légendes japonaises autour du tsuchinoko ! Cette créature est un cryptide, c’est-à-dire un être vivant auquel certaines personnes croient sans qu’il y ait de preuve de son existence (vous connaissez tous le fameux Yéti). Ce sont des serpents entre 30 et 90 centimètres de long avec une tête de vipère expliquant les crochets d’Insolourdo. La créature serait capable de sauter en l’air et de flotter sur de longues distances. On a donc notre explication pour les ailes du petit Pokémon. Le serpent ailé rappelle également le dieu Quetzalcoatl, serpent à plumes de la mythologie mésoaméricaine. Selon certaines descriptions du tsuchinoko, il serait parfois retrouvé en train de se mordre la queue, comme l’ouroboros, l’un des symboles mythologiques les plus anciens de notre Histoire.

 

Électhor (Oiseau-tonnerre)

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L’un des Pokémon les plus populaires de tous les temps. Et pour cause, il est l’un des oiseaux légendaires de la première génération. A l’époque où on avait l’habitude de croiser des Chenipan et des Tentacool en pagaille, Électhor était très impressionnant et tout le monde le voulait dans son équipe. Ses plumes et ses ailes ont l’allure d’un courant électrique immobile et le jaune de son corps n’est contrasté que par le noir de sa seconde paire d’ailes. Il faut de nouveau partir en Amérique du Nord pour identifier son inspiration, mais cette fois, ce sont les légendes des populations amérindiennes qui nous donnent la réponse : l’Oiseau-tonnerre. Le nom et les détails de la créature peuvent changer suivant les tribus, mais il est dans tous les cas l’incarnation de l’éclair, capable de faire craquer le ciel de son tonnerre en battant des ailes. Vous vous attendiez peut-être à ce qu’il vienne de la mythologie scandinave avec un « thor » dans son nom, mais sachez que sa représentation la plus ancienne date de quelques décennies seulement après les premiers contacts entre Amérindiens et Vikings il y a de ça 1000 ans.

 

Tengalice (Tengu)

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Du haut de ses pieds en forme de getas (chaussures japonaises traditionnelles), Tengalice est souvent considéré comme l’un des Pokémon les plus moches. Attention, on ne parle pas de design bâclé, mais juste d’une laideur pure et simple. On serait presque tenté de caresser sa fourrure blanche, mais avec son nez pointu et son regard malicieux, on n’ose pas trop s’approcher. Surtout qu’il peut créer des tempêtes avec ses mains alors on vous laisse imaginer s’il décide de vous attaquer ! L’inspiration du Tengalice est évidente à quiconque connaît la créature d’origine : le Tengu (Tengu / Tengalice). Connues pour leurs nez incroyablement longs, ces créatures étaient d’abord représentées comme des rapaces avec de gros becs. Le bouddhisme considère les tengus comme des démons, mais la religion japonaise les perçoit davantage comme des dieux. Ce contraste reflète très bien l’étymologie de son nom qui peut se traduire par chien céleste. D’un côté peu flatteur et très noble de l’autre. Sa troisième représentation est cependant maintenant la plus répandue. Le tengu s’apparente à un y?kai, c’est-à-dire des fantômes. Ils seraient arrogants et colériques, enlevant des enfants et les hommes pieux. Ceux qui ne sont pas tués sont relâchés à moitié fous ou condamnés à mourir. D’un coup, la claque de Tengalice parait moins sévère.

 

Barbicha (Namazu)

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Derrière ce Pokémon plutôt mignon se cache une catastrophe de l’histoire japonaise. Barbicha n’a pourtant pas l’air bien méchant avec sa tête de gros poisson-chat, son immense sourire et ses yeux naïfs. Il a deux barbillons et deux moustaches jaunes. Dans le jeu, c’est un Pokémon peu intéressant, car malgré ses bonnes résistances, ses statistiques de base ne permettent pas d’en faire grand-chose. Dans la légende, Namazu est un poisson-chat géant des abysses et le Japon reposerait sur son dos. Il est très dangereux, car il peut provoquer des tremblements de terre rien qu’en se déplaçant. Le dieu du tonnerre Takemikazuchi le maitrise en le bloquant sous la pierre-clef kaname-ishi, mais Namazu est coriace et parvient parfois à se libérer de façon éphémère. La marque qu’a Barbicha sur le front indique la marque laissée par la pierre-clef et curieux type Sol est expliqué par sa capacité à faire des séismes (attaque qu’il apprend d’ailleurs dans le jeu). Des séismes dantesques secouent le Japon en 1855, tuant des milliers de gens et détruisant des dizaines de milliers de bâtiments. Terrorisée, la population voua un culte à Namazu afin d’éviter de provoquer sa colère à l’avenir. Depuis, Namazu est représenté dans de nombreuses estampes japonaises, les ukiyo-e.

 

Xerneas, Yveltal et Zygarde (Mythologie nordique)

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Trois pour le prix d’un ! On pourrait s’étendre sur leurs inspirations respectives pendant des pages, mais le fait que Pokémon s’inspire de la même mythologie pour un groupe de légendaires nous invite à les comparer. Xerneas est un cervidé dont les bois multicolores et les pattes forment la lettre X. Il possède deux étranges cornes en bas de son buste et ses jambes sont aussi aiguisées que des lames. Il aurait vécu 1000 ans sous l’apparence d’un arbre légendaire. C’est dans la mythologie nordique qu’il trouve son origine avec Eikthyrnir, un cerf fabuleux aux cornes majestueuses qui se nourrit des jeunes pousses de l’arbre au sommet d’Yggdrasil : Laeradr. Ses bois qui ressemblent à des branches font également référence à l’arbre du monde Yggdrasil.

 

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Yveltal s’associe à la lettre Y en opposition à Xerneas. C’est un oiseau géant au corps rouge avec des motifs noirs qui parsèment son corps et le dessus de ses ailes. Sa queue est aussi grande que ses ailes et possède également cinq griffes. Il absorbe l’énergie des êtres vivants et est responsable de la mort de milliers d’humains il y a de ça plus de 800 ans. Dans la mythologie nordique, son équivalent est Hraesvelg, un géant prenant la forme d’un aigle que l’on surnomme l’avaleur de cadavres. La taille de ses ailes est si extraordinaire qu’elles sont capables de générer un vent glacial. Dans la légende, ce même vent fait écho dans le royaume des morts.

 

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Zygarde est un énorme serpent vert et noir dont les yeux sont formés à partir d’une multitude d’hexagones à la manière d’un insecte. Cinq énormes plumes relevées couronnent son dos alors que des tentacules s’agitent de chaque côté de son buste. Il apparaît lorsque l’écosystème de Kalos est en danger. Zygarde, quant à lui est un mélange de Jörmungandr et de Nídhögg. Le premier est le serpent de mer qui entoure le monde de par sa grandeur et qui finit par se mordre la queue (souvenez-vous d’Ouroboros). Nídhögg, lui, est un serpent vivant sous Yggdrasil et qui le ronge pour se nourrir.

 

En plusieurs millénaires, l’Humanité a établi une source presque inépuisable de mythes et légendes qui inspirent encore et toujours les esprits créatifs de toutes les époques. Pokémon se prête habillement au jeu en recréant des dieux, monstres, fantômes et autres animaux du folklore mondial pour offrir un éventail toujours plus large de créatures à capturer ! Quels dieux ou créatures légendaires voudriez-vous voir devenir un Pokémon ?

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