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Kitsch et rétro, le film Kung Fury vous ramène en 1985 pour rendre hommage à la culture geek

Vous êtes cinéphile et les années 80 vous manquent ? Vous êtes déçu par les films molasses d’aujourd’hui ? Trop d’histoire pas assez de kung-fu ? Trop de conventions pas assez de n’importe quoi ? Alors Kung Fury est le film de votre soirée. Un flic de Miami maître des arts martiaux remonte le temps pour retrouver son ennemi juré nazi, Kung Führer, dans un court métrage gavé à la génération geek.

David Sandberg, réalisateur suédois, est plus que las de réaliser des publicités commerciales. Son projet à lui est de faire des films qui tabassent, qui déchirent, qui en mettent plein la tronche. Fan des années 80 et des films policiers typiques et combats démentiels en mode super kung-fu, il se lance en décembre 2013 dans la réalisation d’un trailer action, comédie, arts martiaux à 5000 $. Très largement inspiré par les références les plus cultes du moment, Kung Fury vient de naitre.

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Le trailer est un franc succès. La toile est en délire et le Kickstarter submergé. Avec un objectif de 200 000 $ pour un court métrage de 30 minutes, David Sandberg voit trop petit. Le plafond est explosé et un long métrage s’envisage à 1 000 000 $. Bon du coup il a cette fois vu un peu grand mais comptabilise tout de même 630 019 $ avec 17 713 participants lorsque le Kickstarter se termine le 25 janvier 2014.

Au début des années 80, Kung Fury, interprété par Sandberg lui-même, est encore une jeune recrue de la police de Miami lorsque son coéquipier Dragon se fait assassiner par un ninja rouge. Sous le choc, il est frappé par un éclair et mordu par un cobra, devenant ainsi l’élu des pouvoirs du kung-fu ultime et par la même occasion, le meilleur flic du monde. Quelques années plus tard, alors que Kung Fury vient d’éliminer une borne d’arcade meurtrière, Adolf Hitler, alias Kung Führer, débarque d’un autre espace-temps pour éliminer l’élu et devenir le seul grand maître du kung-fu.

Heureusement Kung Fury pourra compter sur Hackerman, le plus grand hacker de tous les temps, pour l’aider à remonter le temps à coups de Power Glove jusqu’en Allemagne nazie pour tuer Hitler une bonne fois pour toutes. Bien sûr, ça ne va absolument pas se passer comme prévu, donnant l’occasion à toute la créativité de Sandberg de s’exprimer en reprenant des centaines de codes rétro geek pop cool. S’engage alors un festival de licornes, boomboxes, bandeaux rouges, Ray-Ban et grands écarts dans le plus beau style années 80.

Au-delà de l’avalanche de super références, ce court métrage réalise l’exploit technique de n’utiliser que des fonds verts pour ses décors très animés et détaillés. L’envergure du projet rentrant en contradiction avec le budget serré, Sandberg a préféré filmer séparément les acteurs portant le même costume de policier pour reconstituer ensuite la scène du commissariat. Même chose pour l’armée nazie qui n’est en fait qu’une multiplication du même figurant filmé sur fond vert. Bref, les effets spéciaux économisent les moyens pour capitaliser sur les détails et donne par la même occasion un certain cachet au film.

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La bande-son est signée par les musiciens suédois Mitch Murder et Lost Years, avec la participation de Patrik Öberg, Christoffer Ling, Highway Superstar, et Betamaxx. Toutefois il fallait aller plus loin dans le kitsch. On parle de Kung Fury quand même. C’est donc à David Hasselhoff lui-même qu’il a été demandé de chanter True Survivor, hymne de la bande-originale qui sent le K2000 à plein nez. Pour nous enfoncer encore un peu plus dans les années 80, un aspect VHS est donné à la vidéo. Les couleurs sont parfois saturées, parfois la bande magnétique abîmée laisse apparaître des distorsions, dissimulant par la même occasion le changement de casting viking.

On attendait beaucoup de ce Kung Fury et beaucoup l’ont attendu. Environ 10 millions les 5 premiers jours et 25 millions en un an. Plébiscité donc, le film est diffusé sur YouTube et Steam le 28 mai 2015 puis nominé au Festival de Cannes 2015. Sans réelle surprise, David Sandberg serait déjà au travail pour un long métrage reprenant l’univers de Kung Fury. Côté jeu vidéo, Kung Fury : Street Rage sorti en décembre 2015 rend hommage aux beat’em up comme Streets of Rage et Double Dragon avec un gameplay proche de One Finger Death Punch. Disponible sur PlayStation, mobile et Steam, une version Commodore 64 sera éditée à 200 exemplaires dans un but promotionnel. Un clin d’œil rétro geek supplémentaire.

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Des dinosaures qui tirent des lasers, des dieux anciens qui tirent des éclairs, des mitraillettes qui tirent des balles, des nazis qui font des arts martiaux, des voitures de sport qui volent, des barbares vikings sexy chevauchant des loups armés de mini-guns, des jeux vidéo qui se rebellent, des voyages temporels super hackés et surtout, surtout, du kung-fu de qualité ! Tout l’univers populaire est condensé dans ces 30 minutes de pur plaisir. Gueules cassées, genoux pétés, bras qui se déboîtent, il y en a pour tous les coups. C’est rétro, kitsch, too much et trop court.

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