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La dépression liée au stress peut diminuer votre espérance de vie en modifiant votre ADN

une-depression-adn-4 Le stress a des effets sur l'ADN via Shutterstock

Un nouveau rapport alarmant résultant d’une étude menée par les scientifiques du Wellcome Trust Centre for Human Genetics affirme que la dépression n’affecterait pas uniquement le mental d’un individu. En effet, cette maladie qui concerne 120 millions de personnes à travers le monde aurait également un effet néfaste sur l’ADN. SooCurious vous en dit plus sur le résultat de cette étude troublante.

Selon l’étude en question, si la dépression change l’humeur, elle laisserait également des traces sur l’ADN. Cette conclusion fut si étonnante que les scientifiques furent eux-mêmes surpris. Comme l’explique la revue Current Biology, l’équipe de recherche tentait initialement de savoir s’il existait un gène responsable ou lié à la dépression. Cette étude s’est portée sur 11 000 personnes dont la plupart avaient des antécédents relatifs à la dépression liée au stress. Néanmoins, quelques individus « sains » ont également été inclus dans l’enquête pour des soucis de comparaison. Les scientifiques ont fini par constater que la dépression liée au stress corrélait avec une augmentation de la quantité du « deuxième génome des cellules » : l’ADN mitochondrial.

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La dépression modifie l’ADN via Shutterstock

Pour mieux comprendre, il est essentiel de revenir sur les mitochondries. Les mitochondries sont les centrales électriques des cellules. Autrement dit, elles fournissent l’énergie nécessaire au développement des cellules et donc à leur bon fonctionnement. Ainsi, l’augmentation de l’ADN mitochondrial chez les personnes atteintes de dépression a des implications intéressantes à observer. En effet, lors d’une dépression, les mitochondries sont moins efficaces, le corps cherche ainsi à compenser en augmentant leur nombre pour produire la quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire le besoin des cellules.

Les scientifiques ont cherché à aller plus loin. Ces derniers ont soumis des souris à quatre semaines de stress pour confirmer les changements moléculaires précédemment observés. A la fin de ce mois, ils ont constaté deux effets. D’une part, les souris exposées au stress avaient bien vu leur ADN mitochondrial augmenter. D’autre part, leurs télomères avaient réduit en longueur. Les télomères sont les petits bonnets situés sur la fin de nos branches d’ADN et qui protègent nos chromosomes de la dégradation et donc de la perte de l’information génétique. A chaque fois qu’une cellule se réplique, la longueur du télomère devient de plus en plus courte, jusqu’à ce que la cellule ne puisse plus se diviser. En d’autres termes, ce phénomène se rapporte au vieillissement.

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La quantité de mitochondries augmente avec la dépression via Shutterstock

L’érosion des télomères chez les souris exposées au stress indique que le stress peut diminuer l’espérance de vie. Pour autant, il semblerait que les changements relatifs à la diminution de la longueur des télomères et à l’augmentation de l’ADN mitochondrial soient réversibles. Mais dans le cas d’une dépression, la réversibilité serait beaucoup plus compliquée selon l’étude.

Alors pourquoi la dépression induite par le stress, traditionnellement considéré comme un trouble de l’humeur, présente ces effets sur le corps ? Il existe beaucoup de causes pouvant être attribuées au stress telles que le manque de nourriture par exemple. Le stress diminue l’efficacité de la mitochondrie et, par conséquent, le corps en crée plus pour protéger son métabolisme. Dans un certain sens, la dépression peut être la réponse du corps au stress.

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Le stress diminue l’efficacité des mitochondries via Shutterstock

Cette étude présente un potentiel intéressant pour le futur en ce qui concerne le traitement de la dépression. Etant donné que les changements moléculaires de l’ADN sont réversibles, il existe maintenant la possibilité d’évaluer la réussite du traitement à un niveau moléculaire. Les futurs indicateurs seraient donc l’augmentation du nombre de mitochondries et la diminution de la taille des télomères.

Cette nouvelle étude est incroyable. Elle est porteuse d’espoir dans l’optique de parvenir, un jour, à guérir et détecter plus rapidement la dépression. On félicite ces chercheurs pour cette trouvaille qui pourrait révolutionner notre façon d’appréhender cette maladie, que l’on croyait uniquement psychique auparavant, dans le futur. Pensez-vous que l’évolution de la science soit en mesure de vaincre définitivement la dépression dans les dix prochaines années ?

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