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Dans le cadre du projet « Cosmicflow », le vide cosmique, cette région dépourvue d’astres située en bordure de la Voie lactée, a enfin pu être cartographié. Pour ce faire, les chercheurs se sont basés sur les mouvements de 18 000 galaxies environnantes.

Une zone gigantesque dépourvue de galaxies

Il existe une région immense dépourvue de galaxies à la limite de la Voie lactée. Baptisé « vide local », ce néant cosmique fascine les astrophysiciens depuis des décennies, et pour la première fois, des chercheurs sont parvenus à en dresser une carte dynamique en trois dimensions. Présentés dans la revue The Astrophysical Journal, leurs travaux démontrent que ce fameux « vide cosmique » continue à se vider, étant donné que de la matière est évacuée en permanence depuis cette vaste région. Par conséquent, cette dernière devient de plus en plus vide tout en continuant de s’étendre.

Ce vide cosmique avait été découvert en 1987 par le chercheur Brent Tully, de l’université d’Hawaï, mais les chercheurs ignoraient jusqu’à récemment son étendue et la nature de ses interactions avec les galaxies environnantes. Cela s’expliquait par le fait que cette région soit « essentiellement localisée derrière la zone d’obscuration galactique » selon Daniel Pomarède, co-auteur de l’article. En d’autres termes : le vide local est masqué par l’amas de poussières des régions au cœur de notre galaxie, rendant son observation impossible depuis la Terre. Les chercheurs ont donc dû scruter les galaxies alentour pour le mesurer.

Le programme Cosmicflow a permis plusieurs découvertes importantes

Menée par Brent Tully, l’équipe internationale s’étant chargée de cartographier la zone en 3 dimensions a scruté le mouvement de 18 000 galaxies situées autour de la Voie lactée, dans le cadre du programme Cosmicflow, démarré il y a cinq ans et actuellement dans sa troisième phase. Grâce à ces observations, les scientifiques avaient mis en évidence dès 2014 une structure titanesque comportant plus de 100 000 galaxies, au sein de laquelle figurait la Voie lactée. Celle-ci avait été baptisée par les chercheurs « Laniakea », signifiant littéralement « Horizon céleste immense » en langue hawaïenne.

Les scientifiques s’attèlent désormais à déterminer de façon précise les mouvements de la Voie lactée au sein des groupes de galaxies qui l’entourent. Les mesures de vitesse récemment réalisées ont permis de mettre en évidence le fait que la Voie lactée et ses galaxies satellites (Andromède représentant la plus massive d’entre elles) se déplacent en direction des amas de galaxies situés dans la constellation de la Vierge à la vitesse de 630 kilomètres par seconde. Combinée à l’effet du vide local évacuant la matière, l’attraction gravitationnelle de cette constellation permettrait d’expliquer seulement 50 % de ce mouvement.

De nouvelles observations qui tendent à démontrer que les galaxies sont elles-mêmes tiraillées entre les régions plus ou moins denses de leur voisinage, au-delà du mouvement d’expansion général de l’Univers.

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