— Mior Khairullah / Shutterstock.com

Au milieu d’une pandémie mondiale ayant infecté près de 100 millions de personnes, l’Asie pourrait bientôt être confrontée à une autre menace virale émergente présentant un taux de mortalité bien plus élevé.

Une durée moyenne d’incubation relativement longue

Virus à ARN provenant des chauves-souris, tout comme le SARS-CoV-2, Nipah a provoqué de nombreuses épidémies en Malaisie, à Singapour, en Inde et en Australie au cours des vingt dernières années. Apparu pour la première fois en 1999 dans des élevages de porcs malaisiens et responsable de 265 cas d’encéphalite aiguë, Nipah s’est depuis manifesté chaque année entre 2000 et 2020 sous la forme de foyers réduits, avec à chaque fois un taux de mortalité atteignant 75 %.

Si les maladies possédant un tel taux de mortalité tuent généralement leur hôte trop rapidement pour constituer de véritables menaces pandémiques, les symptômes du virus Nipah apparaissent généralement entre 4 et 14 jours après l’infection, avec des durées maximales d’incubation remarquablement longues (jusqu’à 45 jours selon l’OMS).

Une fois la période d’incubation terminée, des symptômes initiaux semblables à ceux d’une infection grippale (fièvre, maux de tête et vomissements) apparaissent, et sont suivis de vertiges, de symptômes neurologiques et d’une encéphalite aiguë. Bien que divers traitements antiviraux soient utilisés comme traitement de soutien pour les patients, il n’existe actuellement aucun remède vraiment efficace contre le virus, et les patients ayant survécu souffrent de problèmes neurologiques à long terme, incluant changements de personnalité et crises d’épilepsie.

― Lee Yiu Tung / Shutterstock.com

Les souches actuelles de Nipah ne peuvent pas être transmises par aérosol, ni par voie aérienne, et ne présenteront donc probablement pas le même niveau de risque pandémique que des virus tels que le SARS-CoV-2, en l’absence de modifications génétiques permettant une transmission accrue. Actuellement, Nipah se propage en grande partie par l’ingestion d’aliments contaminés qui ont été en contact avec des chauves-souris frugivores infectées, bien que des cas de transmission interhumaine ou via des matières fécales de porc infectées aient été observées.

« 60 % des personnes que nous avons interrogées ne savaient pas que les chauves-souris transmettent des maladies »

Selon les chercheurs, si l’étude et l’analyse plus approfondie de virus tels que Nipah permettront au monde d’être mieux préparé aux nouvelles menaces virales, l’actuelle pandémie de coronavirus devrait également servir de signal d’alarme pour les nations du monde entier.

« Avec le Covid-19 qui se répand dans de nombreux pays, il est primordial de comprendre les maladies existantes qui pourraient causer des ravages similaires, en particulier les virus transmis par les chauves-souris », suggère le virologue cambodgien Veasna Duong. « 60 % des personnes que nous avons interrogées ne savaient pas que les chauves-souris transmettent des maladies. Il y a encore un manque de sensibilisation. »

« Nous observons les chauves-souris frugivores ici et en Thaïlande, dans les marchés, les lieux de culte, les écoles et les lieux touristiques comme Angkor Vat, où celles-ci sont présentes en nombre », poursuit le chercheur. « Hors pandémie, Angkor Vat accueille 2,6 millions de visiteurs. Ce qui constitue autant d’occasions pour le virus Nipah de passer des chauves-souris aux humains chaque année en un seul endroit. »

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