Si les antirétroviraux actuels permettent de contenir efficacement la maladie et empêchent la transmission du VIH, ce dernier redevient dangereux dès l’arrêt du traitement. Mais grâce à cette nouvelle technique innovante, des chercheurs sont parvenus à l’éradiquer complètement dans l’organisme de souris.

Une technique efficace

Présentée dans la revue spécialisée Nature, cette nouvelle technique génétique se déroule en deux temps. Les chercheurs ont d’abord réduit le taux de réplication active du virus dans le sang grâce à des antirétroviraux modifiés à l’aide d’une méthode baptisée « Laser Art ». Grâce à cette dernière, les médicaments anti-VIH classiques sont peaufinés afin de développer une structure cristalline, ce qui permet aux scientifiques de les enfermer dans des particules liposolubles afin qu’elles glissent à travers les membranes de cellules dans les endroits où le virus a tendance à se cacher, comme le foie, les tissus lymphatiques et la rate.

Une fois à l’intérieur, les enzymes des cellules vont commencer à libérer le médicament, et leur structure particulière va permettre une diffusion beaucoup plus lente : il va éliminer le virus durant des mois et non plus sur quelques jours ou semaines. La méthode du « Laser Art » ne permettant pas de se débarrasser complètement du VIH, quelle que soit la capacité de la molécule à réduire l’infection virale, c’est ici qu’intervient la deuxième phase de la technique, consistant en une édition de gènes à l’aide de ciseaux CRISPR-Cas 9, qui vont permettre de sectionner de façon précise les fragments de VIH dans le génome.

30 % des spécimens ne présentaient plus aucune trace du virus dans leur organisme

En combinant traitement au laser et édition génétique, les chercheurs sont parvenus a éliminer efficacement le VIH de l’organisme des souris utilisées pour les besoins de l’étude. Les prélèvements de sang, tissus lymphatiques, moelle épinière et cerveau ont en effet révélé que 30 % des 29 spécimens ayant bénéficié de cette nouvelle technique ne présentaient plus aucune trace du virus dans leur organisme. Mieux encore : aucun dommage collatéral généré par la technique CRISPR-Cas9 n’a été détecté (bien que ces ciseaux génétiques permettent de cibler certains gènes, leur utilisation peut entraîner des mutations non souhaitées sur le reste du génome).

Comme l’a expliqué Kamel Khalili, directeur du centre de neurovirologie et principal auteur de l’étude : « Au fil des années, nous avons considéré le virus de l’immunodéficience humaine comme une maladie infectieuse. Mais une fois qu’il pénètre dans la cellule, il ne s’agit plus d’une maladie infectieuse, mais d’une maladie génétique, car le génome viral est incorporé dans le génome de l’hôte. » La prochaine étape pour son équipe va consister à tester cette technique particulièrement prometteuse sur des primates afin de voir si elle produit des résultats similaires.

Selon l’OMS, environ 37 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde. Parmi elles, 21 millions ont accès à des traitements antirétroviraux.

Kateryna Kon/Shutterstock.com

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