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Une nouvelle étude de l’université d’État de Caroline du Nord suggère que nous avons tendance à être plus tolérants à l’égard des loups après avoir visionné des vidéos les présentant sous un jour positif, ce qui pourrait faire de YouTube et des réseaux sociaux des outils importants pour leur conservation.

« Ils ont juste besoin que nous les laissions en paix et ne détruisions pas leur habitat »

« L’un des aspects encourageants de ces travaux est que les messages positifs ont permis de faire évoluer l’opinion des sujets. Ceux-ci adoptaient une attitude plus favorable, une plus grande acceptation à l’égard des loups et étaient également plus enclins à agir afin de contribuer à leur conservation – quelle que soit leur orientation politique ou leur âge », estime Nils Peterson, auteur principal de l’étude.

« Beaucoup d’espèces sauvages dont nous nous soucions n’ont besoin que de tolérance pour persister au sein de leur environnement », ajoute Peterson. « Ce ne sont pas des animaux domestiques qui ont besoin de beaucoup d’assistance de notre part. Ils ont juste besoin que nous les laissions en paix et ne détruisions pas leur habitat. »

Dans le cadre de l’étude, publiée dans la revue Human Dimensions of Wildlife, les chercheurs ont évalué la tolérance de 273 personnes à l’égard des loups avant et après avoir visionné une liste de cinq séquences différentes les présentant sous un jour négatif, une autre liste de cinq vidéos les présentant sous un jour positif ou une vidéo neutre.

Pour estimer leur degré de tolérance, les chercheurs ont interrogé les sujets sur leur perception générale des loups (notamment s’ils pensaient que les loups étaient « bons » ou « mauvais »), leur niveau d’acceptation des loups dans leur État et à proximité des zones habitées, ainsi que les comportements et attitudes qu’ils étaient susceptibles d’adopter (comme soutenir ou non leur réintroduction et leur conservation).

— Martin Prochazkacz / Shutterstock.com

Un important outil de conservation

Si l’ensemble des participants avait une opinion assez positive du loup au départ, les chercheurs ont constaté que le visionnage de vidéos positives pouvait encore accroître cette opinion, l’acceptation ainsi que la volonté d’agir des participants. Et ce, que les sujets soient considérés comme conservateurs ou libéraux.

« Tout le monde est sur les réseaux sociaux de nos jours, y compris les agences de protection de la faune des États, les agences fédérales, les organisations à but non lucratif, et tout le monde diffuse du contenu », explique Will Casola, co-auteur de l’étude. « Cette étude montre que ce type de média a réellement le potentiel d’influencer les gens, et qu’ils ne se contentent pas de consacrer du temps et des ressources à quelque chose qui entre par une oreille et sort par l’autre. »

Toutefois, il s’est avéré que les personnes identifiées comme étant libérales étaient plus susceptibles que les conservateurs de montrer des changements en faveur des loups indépendamment des vidéos qu’elles regardaient.

Les changements les plus importants en matière de tolérance étaient liés à l’âge. Les personnes de plus de 40 ans, indépendamment de leur appartenance politique, étant plus susceptibles d’avoir des changements d’opinion plus marqués à l’égard des loups, qu’elle soit positive ou négative.

« Les messages encadrés positivement sont plus puissants que les messages encadrés négativement »

Bien que le visionnage de vidéos négatives ait entraîné une diminution de la tolérance à l’égard des loups, ce changement s’est révélé moins spectaculaire. « Il existe de nombreux travaux montrant que les messages encadrés positivement sont plus puissants que les messages encadrés négativement, et ces résultats le confirment », souligne Casola.

Les chercheurs ont également constaté un renforcement de la volonté des personnes interrogées à agir pour la conservation des loups en général, se disant prêtes à signer des pétitions pour soutenir leur réintroduction. « Les participants en général ont dit qu’ils n’étaient pas susceptibles de prendre part à davantage d’initiatives, mais étaient également moins enclins à participer à des actions qui étaient directement opposées à la réintroduction et à la conservation des loups », précisent les auteurs de l’étude.

Les chercheurs ont expliqué s’être concentrés sur les loups car il s’agit d’une espèce controversée. Bien qu’ils soient essentiels au maintien d’un large éventail d’espèces et à l’amélioration de la situation des populations qu’ils chassent, ceux-ci peuvent également entrer en concurrence avec les hommes pour l’espace et les ressources, et représenter un risque pour le bétail.

Par ailleurs, les scientifiques admettent que leurs travaux ne leur ont pas permis d’estimer dans quelle mesure les vidéos ont réussi à atteindre les participants n’étant peut-être pas déjà d’accord avec le message sous-jacent. « Comment faire en sorte que les médias traversent les bulles idéologiques que les gens ont créées ? », avance Peterson. « Nous n’avons malheureusement pas la réponse à cette question. »

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