Dans une grande partie du monde, la viande est surconsommée. Sous diverses formes, que ce soit entièrement transformée, ou en partie. Les fast-food, qui se présentent comme les principaux lieux de consommation de viandes, se sont implantés à chaque coin de rue. Des chercheurs s’intéressent de près à l’impact de toutes ces quantités de viandes sur l’organisme humain, et le constat est sans appel : nous consommons trop, et cela a des effets nocifs contre nos corps. Pour enrayer cette dynamique négative, les chercheurs proposent d’instaurer une taxe sur la viande afin de sauver de nombreuses vies et de réduire le coûts des soins de santé.

 

Pourquoi une telle taxe ?

Une taxe sur la viande augmentera le cout de cette dernière dans votre caddie, c’est évident. En revanche, elle vous serait bénéfique pour votre santé, selon cette étude américaine. Il est estimé qu’environ 220 000 vies pourraient être sauvées, et 36 milliards d’euros récupérés. Ces chiffres astronomiques sont obtenus après une étude approfondie de la relation entre consommation de viande et risque accru de maladie cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et diabète.

Il y a trois ans, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré que la viande rouge, comme le boeuf, agneau, porc, était cancérigène lorsque consommée sous forme transformée : saucisses, bacon et viande séchée. La viande rouge non transformée est également sous le feu des critiques des responsables de la santé : steak, hamburgers sont “probablement” cancérigènes. Tant de dangers qui pèse sur nos organismes au quotidien, et les chercheurs se penchent sur la question pour y trouver une solution.

Marco Springmann, qui a dirigé l’étude, a déclaré : « J’espère que les gouvernements envisageront d’instaurer une taxe sanitaire sur la viande rouge et transformée dans le cadre d’une série de mesures visant à faciliter la prise de décisions saines et durables pour les consommateurs« , mercredi 7 novembre dans un communiqué de presse.

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L’impact sur les prix de manière concrète

L’équipe de chercheurs du Dr Marco Springmann, du département de la santé de la population de Nuffield à l’université d’Oxford, a estimé le taux de taxe nécessaire pour compenser les couts des soins de santé liées à la consommation de viande rouge. Augmenter les prix d’un produit pour en réduire la consommation, c’est également le même principe qui est appliqué sur la cigarette par exemple.

Les chercheurs ont conclu que, dans les pays à revenus élevés, les prix de la viande rouge devraient en moyenne augmenter de plus de 20 %, tandis que les viandes transformées devraient plus que doubler. Les chercheurs ont également conclu que le gouvernement britannique, par exemple, devrait introduire une taxe à hauteur de 79 % sur la viande transformée, comme le bacon. Pour ce qui est la viande non transformée comme le steak, ce serait davantage un taux de 14 %. En revanche, aux Etats Unis, ce serait respectivement 163 % et 34 %. Pourquoi des chiffres plus élevés ? Principalement en raison du système de santé inefficace et qui gaspille beaucoup d’argent selon les chercheurs.

L’impact de ces taxes : la consommation réduite de viande rouge permettrait de sauver 220 000 personnes victimes de maladie chronique par an dans le monde. Au Royaume-Uni, ce serait 6 000 décès évités, et 53 000 aux Etats Unis.
Economiquement parlant, ce serait plus de 36 milliards de d’euros, selon le rapport publié dans la revue Public Library of Science ONE. Le Royaume-Uni économiserait 800 millions d’euros par an, les Etats-Unis plus de 17.

La consommation régulière de viande transformée a également été associée à un risque de cancer du sein plus élevé de 9 %, selon une analyse de différentes études scientifiques publiée en octobre. Problèmes d’obésité aussi, de surcharge en sel, de graisse. Les gouvernements du monde entier taxent déjà quelques produits liés aux problèmes de santés comme les cigarettes, le sucre ou l’alcool. Ainsi, ce serait un nouvel élément sur cette liste. Environ 3 800 décès liés à l’obésité seraient évités, selon l’étude publiée dans la revue Public Library of Science ONE.

De plus selon ce rapport, la taxe sur la viande est « inévitable » pour surmonter les crises climatiques et sanitaires. L’industrie mondiale de l’élevage est à l’origine de 16 % de toutes les émissions mondiales de gaz à effet de serre et la consommation de viande augmente dans le monde, mais un changement climatique dangereux ne peut être évité que s’il est radicalement maîtrisé. Ces mesures permettraient de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de plus de 100 millions de tonnes.

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Les chercheurs ont estimé qu’en 2020, 2,4 millions de décès dans le monde seraient liés à la consommation de viande rouge et transformée, ainsi qu’à une facture de soins de santé de 251 milliards d’euros.

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